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#4243 nouvelles ordinaires

photo: la beauté du soir, en route vers le cinéma.

Aller au cinéma à Nelson est agréable, premièrement parce que je peux y aller à pied, un grand luxe de petite ville. Le State Cinema lui-même est un édifice art déco qui accueille les cinéphiles avec de grosses lettres rouges et d’immenses affiches telles Orange Clock et Breakfast at Tiffany’s à l’extérieur. À l’intérieur, d’autres affiches vintage et les belles photos du photographe et propriétaire (je crois) Craig Potton, un photographe de la nature bien connu en Nouvelle-Zélande, tapissent les murs.

Il s’y trouve de nombreuses salles, plus ou moins petites, certaines n’ayant qu’une vingtaine de places, ce qui contribue à l’atmosphère chaleureuse. On peut ensuite monter au premier, chez Stephano, avant ou après le visionnement, pour manger une bonne pizza italienne, ou avant la projection, pour prendre un verre de vin italien tout en regardant le film, et c’est ce que j’ai fait.

S’ajoute au côté sympathique du lieu, le fait que je suis allée voir non pas un mais deux films français au festival du film de Nelson, ce qui ne m’est pas arrivé depuis plusieurs années.

Les deux films que j’y ai vus m’ont plu pour différentes raisons. L’Étranger, à partir du livre du même titre d’Albert Camus, aurait pu échouer en raison du thème même du livre, qui me paraissait extrêmement difficile à traduire en images. Pourtant, même si je n’ai pas trouvé l’acteur principal très convaincant (au contraire de plusieurs critiques, qui l’ont trouvé génial), j’ai particulièrement apprécié l’atmosphère du film, en noir et blanc, la description de la société algérienne de l’époque (années 30-40), la cohabitation difficile des “indigènes”, ainsi qu’on les appelle dans le film, et des Français. La lumineuse Marie, la beauté du paysage et mes souvenirs de mes deux lectures du livre ont fini de bien remplir ma soirée. Peut-être y aura-t-il une troisième lecture.

Dossier 137 se penche sur un cas de brutalité policière (inspiré par plusieurs vraies situations) pendant les manifestations des gilets jaunes en 2018)  et les efforts d’une enquêtrice (Léa Drucker)  de la IPGN (Inspection Générale de la Police Nationale) pour aller au fond des choses à la suite de la plainte d’une mère, dont le fils a été atteint d’une balle de défense (balle de caoutchouc) et a subi des blessures graves à la tête, avec des conséquences tragiques pour le reste de sa vie.  J’ai trouvé Léa Drucker excellente, elle porte la majorité du film sur ses épaules. Les méandres politiques et administratives de la recherche de la vérité sont bien décrits, ainsi que l’épuisement moral en découlant. La fin est un peu décevante, mais probablement plus près de la vérité. Un détail m’a frappée : Stéphanie (Léa Drucker) s’habille comme une vraie enquêtrice : elle porte de vieux jeans, des baskets, et un vieux pull (toujours le même) au contraire des détectives de nombreuses séries policières britanniques, qui sont bien maquillées, tirées à quatre épingles ou portent des chaussures improbables.