Tous les articles par Sylvie G

I find inspiration from different forms of poetry (White, haiku, Prynne ) and everyday life to feed this experimental blog. I have devoted my time to writing and poetry since 2015, after working as an academic at the University of Canterbury from1995. Photos are mine unless stated otherwise. Canon digital. Je m'inspire librement de differentes formes de poesie (White, haiku, Prynne) et du quotidien pour alimenter ce blog de poesie visuelle. Je me consacre maintenant entierement a l'ecriture, apres avoir quitte la vie universitaire (Universite de Canterbury) en 2015. Les photos sont les miennes, sauf indication contrary. canon digital

Somewhere between Nelson and Santiago de Chile

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On the way to the great 2018  adventure! This year, my life partner (the Welsh man, from now on TWM) has  accepted  to be mentioned in the blog. It was he who prepared most of the itinerary, it is a trip he has been dreaming about for many years. TWM loves airports (!), he always tells me on  which side to sit  for the best view and hates travellers trying to make their way up in the queue (and says it sometimes loudly). Our first stop, very short, is in Santiago de Chile, before our departure for the Atacama desert, unique, we are told. There are some prepared articles that will follow in the next few days. I will post postcards, my travel books and poetry inspired by the places visited, depending on the vagaries  of the internet.

I leave you with a quote from Sam Hunt, a New Zealand poet I like a lot :

Tell me what I won’t know tomorrow

 

Poetically yours

The taste and cost of travelling

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I will have the chance for the third year this year (for how much longer, I do not know) to travel for part of the year. While grateful  for having this opportunity, I must put some effort  to stretch the budget if I want to travel over long periods. Five-star hotels and expensive excursions are off-limits, chic restaurants are banned and local wine is on the menu. I travel by bus, ferry or train rather than by plane, when possible (by taste). I do most of the cooking and I use public transport. My trips are now adventures rather than holidays (which fulfil an important but very different function). Traveling for longer periods forces me to pack my bags differently. It does not look like an influencer suitcase, not helpful when I pack. No more coquetry! I bring only practical clothes that can be worn over three seasons, bought in the « charity shops », that I can leave behind without regret (lose or  being stolen) when they have done their work (not Instagram material). These adventures are exhausting. You have to get up early, move around a lot, carry the suitcase and the backpack, communicate in another language, get out of your comfort zone. In fact, I am always tired at the end of several weeks of travel and happy to put my suitcase and my backpack, which hurts my back, down. This way of traveling has however given me the opportunity to meet more new people, to discover more deeply the culture of the other, to avoid tourist traps sweetening the experience, and places not allowing to take the pulse of a culture. For food, it’s sometimes harder. The situation varies according to the country  but my diet is generally less balanced when I travel  and as a  result, at the end of each trip, I always have a few less eyebrows, which grow back when I return to my kitchen in Nelson. But each adventure triggers a meditation causing a slower but  also a deeper change. Each adventure changes my outlook on things, often about the need to possess (one can live with one suitcase, at least for some time), the value of culture, language, the link between the past and the present. I come back with amazing memories and lots of pictures! But I had several weeks of bad hair days (no Instagram material). 

In fact, it’s rather when I’m in Nelson that I almost feel like I’m on vacation. But not all plane sailing all the time :  it is necessary to pack every year before each departure and unpack on return. There is a certain impermanence in this gesture which at a certain level is annoying. At another level it  forces me to think more about the accumulation of things, something  I started to think of  a few years ago. Whenever I want something, I wonder if I need or want it enough  to pack it at the end of the year and the answer is almost always: no. Sometimes I hesitate for weeks, then the desire to possess vanishes without my knowing why. Life in Nelson is rather simple and frugal, but allows me to devote myself more fully to my writing. And I love more and more frugality, which is not real frugality of course,  real frugality exists  in St. Lucia, where people repair sneakers in Speighstown, where some earn a living  repairing flip-flops and in Havana, Bic lighters. I exercise every day, I enjoy the sun, I have a well balanced life. I have a beautiful kitchen, where my obsession with healthy foods can be enjoyed daily. And when I have occasional low back pain, I will consult Hayden, who relieves me in no time. I have time to prepare another trip, to study a new language, or to refresh my knowledge of it. My missing eyebrows grow back. But I still miss  my library, which is in storage now. 

Le gout/cout du voyage*

*ma boîte titre n’a pas les accents

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J’aurai la chance pour la troisième année cette année (pour combien de temps encore, je l’ignore) de voyager pendant une partie de l’année. Tout en étant reconnaissante à la vie de me donner cette possibilité, il faut que j’y mette un peu du mien pour pouvoir étirer le budget sur de longues périodes. Les hôtels cinq étoiles et les excursions tout confort ne font pas partie de l’itinéraires, les restaurants chics sont bannis et le vin local fait l’affaire. Je voyage en bus,  en ferry ou en train,  plutôt qu’en avion, lorsque cela est possible (par goût). Je fais la plupart du temps la cuisine et j’utilise les transports collectifs (quelques-unes de mes aventures inoubliables ont eu lieu dans les transports publics). Les voyages sont maintenant des aventures plutôt que des vacances (qui remplissent une fonction importante mais très différente). Le fait de voyager plus longtemps me force à faire ma valise différemment. Elle ne ressemble en rien aux valises des influenceuses, qui ne me sont d’aucun secours en l’occurrence. Finie la coquetterie ! Je n’apporte que des vêtements pratiques qui peuvent être portés sur trois saisons, achetés dans   les « charity shops », que je peux  laisser  derrière moi sans regret (perdre ou me faire voler) lorsqu’ils ont accompli leur travail (ils ne conviennent pas du tout à la promotion sur Instagram). Ces aventures  sont épuisantes :  il faut se lever tôt, bouger beaucoup, transporter la valise et le sac à dos, communiquer dans une autre langue, sortir de sa zone de confort. En fait, je suis toujours fatiguée à la fin de plusieurs semaines de voyage et contente de poser ma valise et mon sac à dos (qui  me fait mal au dos).   Cette façon de voyager m’a cependant  donné l’occasion  de faire plus de rencontres, de découvrir plus profondément la culture de l’autre, d’éviter les pièges à touristes édulcorant l’expérience,  les saisons touristiques, les lieux ne permettant pas de prendre le pouls d’une culture.   Pour la nourriture, cela dépend des  pays, mais mon régime alimentaire est généralement moins bien  bien équilibré lorsque je voyage  et au résultat, à la fin du voyage j’ai toujours quelques sourcils en moins, qui repoussent néanmoins lorsque je retrouve  ma cuisine à Nelson. Chaque aventure nourrit  surtout des réflexions en tout genre amorçant un changement plus lent, mais aussi plus profond. Chaque aventure change mon regard sur les choses, le besoin de posséder (on peut vivre dans une valise), la valeur de la culture, de la langue, du lien entre le passé et le présent. Je reviens avec des souvenirs extraordinaires et beaucoup de photos ! Mais mes cheveux ont été en bataille pendant des semaines (ne convient pas non plus aux photos sur Instagram)

En fait, c’est plutôt lorsque je suis à Nelson, que j’ai presque l’impression d’être en vacances.  Mais certes, il faut emballer tous les ans avant chaque départ  et déballer au retour. Il y a une certaine impermanence dans ce geste qui à un certain niveau est embêtant. A un autre niveau, ce geste me force à réfléchir à l’accumulation des choses, que j’ai entreprise il y a quelques années. Chaque fois que j’ai envie de quelque chose, je me demande si j’en ai suffisamment besoin ou envie pour vouloir l’emballer à la fin de l’année et la réponse est presque toujours : non. Quelquefois j’hésite pendant des semaines, puis le désir de posséder s’évanouit sans que je ne sache trop pourquoi. La vie à Nelson est plutôt routinière et frugale, mais me permet de me consacrer plus pleinement à mon travail d’écriture. Et j’aime de plus en plus la frugalité, qui n’est pas réelle bien sûr, la vraie frugalité je l’ai vue à Sainte-Lucie, où l’on répare les baskets, à Speighstown, où certains gagnent leur vie en réparant  les tongues et  à La Havane, les briquets Bic.   Je fais de l’exercice tous les jours, je profite du soleil, j’ai une vie bien équilibrée.  J’ai une belle cuisine, où mon obsession pour les aliments santé peut s’éclater quotidiennement.  Et lorsque j’ai d’occasionnelles douleurs lombaires, je vais consulter Hayden. J’ai le temps de préparer un autre voyage, d’étudier une nouvelle langue, ou en  rafraîchir mes connaissances.   Mes sourcils manquants repoussent et mes cheveux s’assagissent. Mais ma bibliothèque, qui est en stockage maintenant, me manque toujours.