Les mots (14)

lanuit

J’aime la grammaire, autant que les mots. Pas nécessairement la grammaire un peu ennuyeuse qu’on croirait avoir été inventée par des grammairiens en mal de reconnaissance pour la langue française (je pense, par exemple, à l’accord du participe passé), qui a fâché des générations d’élèves, mais celle, plus subtile, que l’esprit humain a construit au fil des générations (on parle, en jargon linguistique, de “diachronie”) et qui a transformé profondement la langue. C’est ainsi que le français est devenu la langue qu’on connaît aujourd’hui, très differente du latin, surtout du point de vue de sa structure. Ce qui me fascine toujours, c’est de savoir que ces transformations sont faites par l’esprit humain, qui travaille de façon inconsciente sur ces structures.

C’est ce que cette affichette m’a rappelé. Ainsi, dans la même phrase, on a deux fois le mot “nuit”. Le premier, précédé de l’article “la” est un nom qui signifie “les heures où il fait noir”. Le deuxième “nuit” est un verbe qui signifie “faire du tort”. Deux contenants semblables et deux signfications fort différentes. Quelle beauté que la grammaire ! (Merci Montréal)

20 réflexions sur « Les mots (14) »

  1. Passionnée de grammaire, je ne vous contredirai pas. Les Belges en sont d’ailleurs de grands défenseurs et elle a été inventée pour permettre à chacun de comprendre et surtout d’être compris, c’est là son utilité première. Les aberrations (comme les accords des participes passés) sont hélas les conséquences inévitables de la structuration de la langue. La nouvelle orthographe que je défends aplanit pas mal d’aberrations mais ne va pas assez loin dans la réforme. Hélas, c’est là qu’est l’os ! A quand les accords des participes passés de l’auxiliaire avoir avec le sujet de la phrase ? Je vote pour ! Mais je sens que les irréductibles maintiennent leurs positions !

    1. Comme je collectionne les “Grevisse”, je comprends la passion des Belges pour la grammaire, non pas tant pour regarder l’evolution des regles, mais l’evolution de la pensee grammaticale en ce qui concerne les parties du discours, la nature ou la fonction des mots. En lisant ces pages je me rends compte que l’inutile disparaitra tot ou tard. Je vous remercie de ce commentaire eclaire 🙂

  2. Pour avoir fait 3 ans de latin la structure grammaticale du latin est très différente de celle du français et représentait toujours un problème lorsque l’on devait traduire un texte. Je me demandais toujours comment pouvait-on utiliser cette langue au quotidien mais la réponse est très certainement dans une façon de penser différente de la notre et probablement que pour eux la structure du français moderne aurait été tout aussi incompréhensible

Laisser un commentaire