#4162 Ce que j’ai lu : Nathan Hill, Bien-etre

photo : printemps à Nelson

Nathan Hill, Wellness, 2023, Picador, 597p. (Il y a une version française, celle-ci est celle que j’ai lue)

Les protagonistes principaux de l’histoire s’appellent Elizabeth et Jack. Ils se rencontrent à Chicago, aux premiers balbutiements d’Internet. Jack est photographe, Elizabeth est psychologue, ou quelque chose d’approchant. Le lecteur suit leur évolution jusqu’au moment où ils ont un enfant (jusqu’à ses dix ans environ), Toby, et, finalement, achètent un appartement à Chicago.

Entre le point de départ et l’arrivée, on apprend d’où ils viennent : Jack d’une famille de fermiers dans les prairies, Elizabeth d’une dynastie familiale ayant de l’argent. Ils se sont rencontrés à Chicago, alors qu’ils cherchaient tous les deux à échapper à leur famille, bien que pour des raisons différentes. Hill leur donne la parole, chacun leur tour, ainsi qu’à leur famille respective et aborde ce faisant de nombreux thèmes tels, l’art, la photographie, plus particulièrement,  la beauté des prairies, dont il parle longuement  d’une manière émouvante, juste et sensible,  la difficulté d’échapper à son passé,  la matàernité, les algorythmes de Facebook,  l’invasion de nos vies par les applis, la notion de bien-être et le chaos de notre époque entre autres choses.

Cet auteur écrit extrêmement bien tout en étant facile à lire et souvent amusant.  Il arrive à parler de sujets qui ont le potentiel de froisser les sensibilités des uns et des autres (le désir masculin, l’échangisme, sans faire lever les sourcils) mais réussit à y échapper . On sent que son écriture s’appuie sur la recherche mais, contrairement à de nombreux livres que j’ai lus ces dernières années, la recherche qu’il a menée pour nourrir son écriture se fond dans la voix des personnages, au lieu de laisser un mauvais goût de “copier, coller” qui vient de Wikipedia.

Oui, j’ai trouvé les chapitres sur les algorythmes de Facebook fastidieux, sinon, les 597 pages de lecture (sans les nombreux remerciements et la très longue bibliographie) en valent la peine. Il était pratiquement impossible d’arriver à une fin qui surpasserait  les beaux moments de la lecture et on ne peut donc lui en vouloir de nous laisser un peu tomber à la fin. Une voix singulière dans le paysage du roman, tout à fait de notre temps. À lire et déjà traduit  en français.

Laisser un commentaire