Photo : Alors, là, oui, il y a une façon de faire sa petite balade matinale en toute tranquillité, comme ce héron. Sinon…
croiser quelqu’un sur les trottoirs de la ville (ou les écueils de la promenade du matin en solitaire) est un exercice plus difficile qu’il n’y paraît. À commencer par ma sortie du matin, qui coïncide avec l’arrivée des élèves du lycée près de chez moi. Des jeunes filles (uniquement dans cet établissement) grimpent la colline en groupes de trois ou quatre, très occupées à se raconter ce qui s’est passé dans leur vie depuis qu’elles se sont quittées la veille. Elles ne font rien pour m’éviter. Ainsi, longtemps, je sautais dans la rue lorsqu’elles s’approchaient. Puis, un jour, j’en ai eu assez et j’ai pris la décision de continuer mon chemin jusqu’à ce qu’elles s’approchent, pour les forcer à me céder un peu d’espace et nous avons fini par nous comprendre. Mais tout ne se termine pas là, je croise d’autres personnes sur mon chemin : ceux qui baissent les yeux, ceux qui changent de trottoir, ceux qui sourient timidement, et quelques autres qui ont un large sourire et vous souhaitent une bonne journée. Il y a également les inconnus qui meurent d’envie de me confier leurs secrets, à qui je résiste car j’ai besoin de passer du temps avec moi-même au début de la journée. Et tout cela se passe sous le couvert d’une promenade matinale en solitaire, qui se transforme parfois en exercice d’acrobatie sociale.