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Nice

IMG_9398 - Copy.JPGJe prends le bus pour Monte Carlo, surtout pour profiter de la vue magnifique qu’on a de la moyenne corniche. Je m’arrête en passant à  Eze, un petit village médiéval hautement recommandé, perché sur les rochers. Le site lui-même est en effet magnifique. Lorsque Nietzsche aimait tellement ce lieu qu’il y a composé la troisième partie de Ainsi parlait Zarathoustra et qu’un sentier porte maintenant son nom. C’était il y a longtemps, cependant. Depuis, on a recouvert chaque centimètre carré de commerces d’artisans. Ce qu’on y vend est très joli, mais l’exploitation outrancière du site rend l’expérience plutôt banale.

Je dois attendre le bus jusqu’à quatorze heures trente pour aller à Monte Carlo. Le rocher apparaît bientôt, tout à fait comme dans les films. J’ai la musique de James Bond dans la tête. Il va sans doute apparaître bientôt, non ? Non, il sort de la chambre de son hôtel croulant sous le luxe vers vingt-deux heures, tout habillé, prêt à séduire et à sortir son stylo/revolver/appareil photo, etc. La foule se divise en deux : les curieux qui sont là pour la journée, qu’on reconnaît à leur apparence négligée, et les autres, qu’on reconnaît à leurs lunettes et vêtements griffés (qui pourraient faire partie du film de James Bond). La concentration de bouches surdimensionnée est impressionnante. J’observe pendant quelque temps la beauté superficielle qui se balade, à la recherche de quelque chose, mais quoi ? Pas du temps perdu, c’est sûr. Je remonte dans le bus à un euro cinquante en direction de la réalité, en passant par la basse corniche. Je préfère les petits cafés de Nice.

(Presque) meme pas peur

Après  vingt-cinq heures de vol et une dizaine d’heures en transit entre Auckland, Melbourne et Dubai, arriver à Nice est d’abord et avant tout un soulagement. L’attitude plutôt décontractée des douaniers me surprend agréablement : je me dis qu’on a déjà oublié les attaques, mais aussitôt les douanes franchies, je me heurte à une forte présence militaire armée qui donne des frissons dans le dos. Les militaires sont un peu partout en ville et ne manquent pas de nous rappeler que l’on y est toujours en alerte bien que toute trace des événements récents semble avoir été effacée, sauf pour le mémorial, où les fleurs récemment déposées côtoient les peluches commençant à s’affaisser. Les Niçois ne mentionnent rien, désireux, sans doute, d’oublier le plus rapidement possible l’horreur qui les a frappés. Ils sont affables et reconnaissants aux touristes de revenir lentement dans leur ville. Quant à moi, ce presque vide touristique me plaît.

Le soleil est toujours chaud sur la Promenade des Anglais et  la plage est bondée  de corps bien bronzés qui ne craignent pas le soleil. Après de nombreuses années en Nouvelle-Zélande où le soleil brûle au deuxième ou au troisième degré en quelques minutes en été (et où le taux de cancer de la peau est l’un des plus élevés au monde), ce spectacle me semble étrange. Aucune trace de burkini ou de gendarme les chassant. Nice est tellement connue qu’on a l’impression d’y être déjà venu, même s’il s’agit de la première visite. Je suis immédiatement frappée par l’atmosphère de douceur et de gentillesse qui y règne. C’est une ville où on se sent tout simplement bien. Les Niçois semblent détendus et affables. Il me fait plaisir, lors de ma première balade de découvrir que James Joyce y a passé quelque temps et qu’il y écrit les premières lignes de Finnegan’s Wake, ou de marcher dans la rue ou Napoléon a vécu quelque temps. Je marche sans but près du port, dans le  quartier des antiquaires et les rues du  marché. Demain je prends le bus en direction de Monte Carlo pour le plaisir de profiter de la vue depuis la moyenne corniche.