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La Habana, Hemingway et rhum

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La Habana, Cuba, canon, janvier 2018, ©Sylvie G

Je n’ai lu qu’un livre d’Ernest Heminghway, Le Vieil Homme et la Mer, quand j’étais très jeune, mais ce livre m’a marqué. Le style «iceberg» d’Heminghway fait partie de ma quête de simplicité pour écrire de la prose ou de la poésie. Je ne savais pas grand-chose de lui quand j’étais à La Havane, mais je ne pouvais pas manquer la mention de son passage dans de nombreux endroits, y compris l’hôtel Ambos Mundos, où il vécut dans les années trente (il vécut à Cuba pendant une vingtaine d’années)  et j’ai eu envie de  lire un peu plus sur cet auteur tragique: quatre mariages, beaucoup d’alcool, de souffrances physiques et psychologiques, il fait partie d’une famille où le suicide s’est transmis de génération en génération et s’est suicidé à l’âge de soixante et un ans. Mais ce lauréat du prix Nobel a laissé son style en héritage. Je pense à tout cela en passant par l’hôtel, qui est magnifique. Le bar au rez-de-chaussée est accueillant, mais le seul endroit que je n’ai pas aimé du tout à La Habana: non seulement il n’y avait plus de café, thé ou bière locale (qui peut être pardonné), mais c’était aussi le seul endroit où deux musiciens n’étaient pas du tout à la hauteur des standards et pas du tout agréables, à l’opposé de ce que j’ai vécu ailleurs à La Habana. Ensuite, j’ai tenté ma chance au  Floridita, le bar préféré d’Heminghway, mais l’excellente musique était trop forte et il y avait vraiment trop de monde.

Je me retrouvais ainsi  à la fin de mon voyage dans les Caraïbes et je n’avais pas bu  de rhum, qui se trouve  partout dans la région et surtout à très bon marché. Même en Martinique, où l’on trouve le meilleur rhum des Caraïbes (selon le « taximan » et une sommelière italienne rencontrée sur le ferry entre la Martinique et Sainte Lucie), je me contentais de le sentir dans un verre sans vraiment  vouloir y goûter . Mais à La Habana, il semblait approprié de boire un verre de rhum, pourvu  que ce fût le même daiquiri qu’Hemigway. Je tentai donc ma chance dans un bar anonyme où la liste des daiquiris était longue : rhum et  glace, dit le serveur, avec confiance.

Je me suis levée le lendemain (en fait pas vraiment, je suis restée au lit toute la journée) avec un immense mal de tête, mais avec tout de même avec la satisfaction d’avoir  bu le  même daiquiri (le premier et le dernier) qu’Hemingway. Enfin, peut-être.

Acropole

 

IMG_1124.JPGL’Acropole  était sur ma liste des endroits à voir depuis  très longtemps. Le danger d’être  déçue était donc d’autant plus grand. Il y a cependant des endroits qui sont plus grands que nature et l’Acropole est l’un de ceux-là. Le site, qui domine la ville, a tout pour impressionner malgré l’inévitable érosion que le temps  a fait subir à ses constructions majestueuses. Le moment fut d’autant plus émouvant que les valeurs démocratiques fondées en ce lieu semblent battre de plus en plus de l’aile.

Pour la grammairienne que je suis, l’émotion venait également du fait que  la Grèce ancienne est également le lieu de naissance de la grammaire occidentale. C’était l’époque où les philosophes s’interrogeaient sur la faculté du langage, réfléchissaient aux parties du discours, et où le nom représentait la substance, au lieu d’être un GN, et  de devenir une matière  mortellement ennuyeuse pour des générations d’écoliers qui ne se sont jamais réconciliés avec ses « règles ».

Bref, cela valait la peine d’attendre !