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Acropole

 

IMG_1124.JPGL’Acropole  était sur ma liste des endroits à voir depuis  très longtemps. Le danger d’être  déçue était donc d’autant plus grand. Il y a cependant des endroits qui sont plus grands que nature et l’Acropole est l’un de ceux-là. Le site, qui domine la ville, a tout pour impressionner malgré l’inévitable érosion que le temps  a fait subir à ses constructions majestueuses. Le moment fut d’autant plus émouvant que les valeurs démocratiques fondées en ce lieu semblent battre de plus en plus de l’aile.

Pour la grammairienne que je suis, l’émotion venait également du fait que  la Grèce ancienne est également le lieu de naissance de la grammaire occidentale. C’était l’époque où les philosophes s’interrogeaient sur la faculté du langage, réfléchissaient aux parties du discours, et où le nom représentait la substance, au lieu d’être un GN, et  de devenir une matière  mortellement ennuyeuse pour des générations d’écoliers qui ne se sont jamais réconciliés avec ses « règles ».

Bref, cela valait la peine d’attendre !

Un jour sur l’ile d’Hydra

 

 

img_0938img_1034img_1013img_1028img_1080A deux heures trente d’Athènes, en ferry, l’île d’Hydra, alors que Leonard Cohen vient de sortir un nouvel album et que l’on rappelle qu’il  a écrit sur cette île quelques-uns de ses plus grands succès, dont Marianne, dont l’inspiration est décédée l’été dernier d’un cancer. J’ai l’impression d’arriver dans une chanson de Leonard Cohen. L’île a sans aucun doute changé depuis l’époque, mais le fait que les voitures y sont interdites fait en sorte que l’île a conservé un calme et une sérénité (du moins à cette époque de l’année) qui n’existent peut-être plus autant ailleurs. On remarque tout de suite les ânes, indispensables compagnons sur une île sans voiture, ainsi que les chats, qui dorment un peu partout, là où il y a du soleil et qui semblent avoir un statut particulier sur l’île. Les pêcheurs leur jettent du poisson et l’on trouve un peu partout de la nourriture qui leur est laissée.

Puis la beauté de l’île, les petites plages où de nombreux baigneurs sont déjà. En montant un peu plus haut je découvre un petit port tranquille. Mais c’est l’absence de voiture qui je crois donne une ambiance presque surréelle a cette petite île. Pas de bruit de voiture, pas de porte qui claque, pas de conducteur impatient. Une journée au paradis. Ce n’est que quelques heures plus tard que je me rends compte de toute la logistique que signifie une telle décision des insulaires : je vois passer des hommes transportant d’immenses charges d’eau en bouteille et j’imagine le travail que doit constituer l’approvisionnement des restaurants et des petits marchés. J’admire néanmoins la décision des habitants. J’ai fait une erreur en ne venant que pour la journée. Si c’était à refaire, je resterais quelques jours de plus.

Au revoir Sicile

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Le port, Ortigia
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Ceramique Taormina
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Detail, cathedrale Ortigia
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Detail, cathedrale, Ortigia
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fontaine pres de chez Alessio, Ortigia

 

Ce que je n’ai pas aimé : ne pas avoir fait tout ce qui avait été prévu. Avoir le rhume. Avoir peu de contact avec les Siciliens (sinon Alessio). L’aéroport de Palerme et Air Italia. L’appareil photo qui fait des siennes et oublier l’appareil photo le jour où je suis allée à la capella palatina (même si l’appareil n’aurait pas réussi à capter sa beauté).

Ce que j’ai aimé : Tout ! Les villes, la mer, la richesse et le mélange des cultures, particulièrement à Palerme. L’identité sicilienne, qui me semble bien présente, bien que je sois incapable de la décrire. Les marchés, les vitrines des boutiques à Palerme : des œuvres d’art. Lorsque je serai riche, dans une autre vie, j’irai faire les boutiques vintage, les antiquaires et les galeries d’art de Palerme.

Ortigia (Sicile)

 

 

img_0650img_0776IMG_0711.JPGIMG_0800.JPGOrtigia (liée à Siracusa par trois ponts)  est le cœur historique de Siracusa et j’avoue y avoir passé plus de temps qu’a Siracusa, en partie parce que j’y habitais et que j’avais moins d’énergie mais aussi parce que j’adorais l’atmosphère qui y régnait. J’habite chez Lynette, une Italienne d’adoption qui a quitté l’Afrique du Sud il y a plus de quarante ans. Elle a vécu à Florence pendant une trentaine d’années et est venue s’installer en Sicile après la mort de son mari, pour se rapprocher de la mer. Elle ne savait pas où en Sicile elle voulait vivre, mais aussitôt qu’elle a vu Ortigia, elle a su que c’était là qu’elle s’installerait. Je la comprends. Quel beau mélange d’histoire grecque et italienne, de splendeur architecturale et de beauté naturelle ! L’architecture baroque qui caractérise Siracusa et Ortigia est née de la reconstruction de la ville après le tremblement de terre qui a tout détruit en 1693. Les récents événements en Italie rappellent la longue histoire de l’Italie avec les désastres naturels. On y a trouvé les restes d’un temple grec dédié à Apollon, le seul ou rare exemple de colonnes grecques en une seule pièce. Sur la piazza Duomo, la cathédrale présente un extérieur de style baroque, mais une fois à l’intérieur, on y trouve les colonnes impressionnantes d’un ancien temple grec, dédié à Athena.

 

Il y a également un marché très vivant, mais lorsque je l’ai visité, mon appareil photo faisait des siennes et je n’ai pas pu prendre de photos. Il s’agit d’un marché authentique, rempli de légumes de la région, imparfaits et pleins de terre. J’ai ensuite réussi à prendre quelques photos en ville, mais ce n’est pas facile de saisir la majesté des édifices avec une seule lentille qui ne peut pas prendre de très grands angles. Il y a peu de touristes et les Siciliens se retrouvent après la sieste dans les nombreux cafés.Les soirées y sont très animées.

 

Lynette adore l’Italie mais elle a l’impression que le gouvernement délaisse cette partie du monde, ce qui explique entre autres l’état déplorable des transports publics. Elle se baigne tous les jours avec son chien Georges, un très beau basset qui a un mauvais tempérament.