(Presque) meme pas peur


Après  vingt-cinq heures de vol et une dizaine d’heures en transit entre Auckland, Melbourne et Dubai, arriver à Nice est d’abord et avant tout un soulagement. L’attitude plutôt décontractée des douaniers me surprend agréablement : je me dis qu’on a déjà oublié les attaques, mais aussitôt les douanes franchies, je me heurte à une forte présence militaire armée qui donne des frissons dans le dos. Les militaires sont un peu partout en ville et ne manquent pas de nous rappeler que l’on y est toujours en alerte bien que toute trace des événements récents semble avoir été effacée, sauf pour le mémorial, où les fleurs récemment déposées côtoient les peluches commençant à s’affaisser. Les Niçois ne mentionnent rien, désireux, sans doute, d’oublier le plus rapidement possible l’horreur qui les a frappés. Ils sont affables et reconnaissants aux touristes de revenir lentement dans leur ville. Quant à moi, ce presque vide touristique me plaît.

Le soleil est toujours chaud sur la Promenade des Anglais et  la plage est bondée  de corps bien bronzés qui ne craignent pas le soleil. Après de nombreuses années en Nouvelle-Zélande où le soleil brûle au deuxième ou au troisième degré en quelques minutes en été (et où le taux de cancer de la peau est l’un des plus élevés au monde), ce spectacle me semble étrange. Aucune trace de burkini ou de gendarme les chassant. Nice est tellement connue qu’on a l’impression d’y être déjà venu, même s’il s’agit de la première visite. Je suis immédiatement frappée par l’atmosphère de douceur et de gentillesse qui y règne. C’est une ville où on se sent tout simplement bien. Les Niçois semblent détendus et affables. Il me fait plaisir, lors de ma première balade de découvrir que James Joyce y a passé quelque temps et qu’il y écrit les premières lignes de Finnegan’s Wake, ou de marcher dans la rue ou Napoléon a vécu quelque temps. Je marche sans but près du port, dans le  quartier des antiquaires et les rues du  marché. Demain je prends le bus en direction de Monte Carlo pour le plaisir de profiter de la vue depuis la moyenne corniche.

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