Avant l’evenement

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fleurs d’hiver, Nelson, juin 2018, canon, ©Sylvie G

Avant l’événement. Arriver nerveusement, chercher sa place, une place. Regarder nerveusement tout autour pour voir si l’on connaît quelqu’un. Si l’on connaît quelqu’un avec qui l’on veut être vu. S’il vaut mieux être vu avec celui-ci ou celui-là plutôt que d’être vu  avec personne. Parler avec celui-là plutôt que de subir l’indignité d’être seul. Puis voir quelqu’un avec qui il vaut mieux être vu et engager la conversation, n’importe laquelle. S’accrocher, se rapprocher. La mascarade éternelle précédant un événement. Chaque fois que je vais à un événement seule (cette fois-ci une soirée de poésie avec Rikthemost, un « artiste des mots » de Grande-Bretagne), je constate autour de moi la souffrance sociale d’ aller seul quelque part, qui semble être une des appréhensions les plus insupportables de la vie en société forçant les uns et les autres dans les retranchements d’une angoisse que l’évolution au cours des millénaires semble avoir été incapable d’apprivoiser.

6 réflexions sur « Avant l’evenement »

  1. Bon jour,
    Nous sommes avant tout une organisation de meute sur un territoire. Le mot : seul comme le mot solitaire, ermite … est le mot de la marge, de l’abandon, de la mort, de l’exil …
    Un beau texte.
    Max-Louis

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