Le gout/cout du voyage*


*ma boîte titre n’a pas les accents

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J’aurai la chance pour la troisième année cette année (pour combien de temps encore, je l’ignore) de voyager pendant une partie de l’année. Tout en étant reconnaissante à la vie de me donner cette possibilité, il faut que j’y mette un peu du mien pour pouvoir étirer le budget sur de longues périodes. Les hôtels cinq étoiles et les excursions tout confort ne font pas partie de l’itinéraires, les restaurants chics sont bannis et le vin local fait l’affaire. Je voyage en bus,  en ferry ou en train,  plutôt qu’en avion, lorsque cela est possible (par goût). Je fais la plupart du temps la cuisine et j’utilise les transports collectifs (quelques-unes de mes aventures inoubliables ont eu lieu dans les transports publics). Les voyages sont maintenant des aventures plutôt que des vacances (qui remplissent une fonction importante mais très différente). Le fait de voyager plus longtemps me force à faire ma valise différemment. Elle ne ressemble en rien aux valises des influenceuses, qui ne me sont d’aucun secours en l’occurrence. Finie la coquetterie ! Je n’apporte que des vêtements pratiques qui peuvent être portés sur trois saisons, achetés dans   les « charity shops », que je peux  laisser  derrière moi sans regret (perdre ou me faire voler) lorsqu’ils ont accompli leur travail (ils ne conviennent pas du tout à la promotion sur Instagram). Ces aventures  sont épuisantes :  il faut se lever tôt, bouger beaucoup, transporter la valise et le sac à dos, communiquer dans une autre langue, sortir de sa zone de confort. En fait, je suis toujours fatiguée à la fin de plusieurs semaines de voyage et contente de poser ma valise et mon sac à dos (qui  me fait mal au dos).   Cette façon de voyager m’a cependant  donné l’occasion  de faire plus de rencontres, de découvrir plus profondément la culture de l’autre, d’éviter les pièges à touristes édulcorant l’expérience,  les saisons touristiques, les lieux ne permettant pas de prendre le pouls d’une culture.   Pour la nourriture, cela dépend des  pays, mais mon régime alimentaire est généralement moins bien  bien équilibré lorsque je voyage  et au résultat, à la fin du voyage j’ai toujours quelques sourcils en moins, qui repoussent néanmoins lorsque je retrouve  ma cuisine à Nelson. Chaque aventure nourrit  surtout des réflexions en tout genre amorçant un changement plus lent, mais aussi plus profond. Chaque aventure change mon regard sur les choses, le besoin de posséder (on peut vivre dans une valise), la valeur de la culture, de la langue, du lien entre le passé et le présent. Je reviens avec des souvenirs extraordinaires et beaucoup de photos ! Mais mes cheveux ont été en bataille pendant des semaines (ne convient pas non plus aux photos sur Instagram)

En fait, c’est plutôt lorsque je suis à Nelson, que j’ai presque l’impression d’être en vacances.  Mais certes, il faut emballer tous les ans avant chaque départ  et déballer au retour. Il y a une certaine impermanence dans ce geste qui à un certain niveau est embêtant. A un autre niveau, ce geste me force à réfléchir à l’accumulation des choses, que j’ai entreprise il y a quelques années. Chaque fois que j’ai envie de quelque chose, je me demande si j’en ai suffisamment besoin ou envie pour vouloir l’emballer à la fin de l’année et la réponse est presque toujours : non. Quelquefois j’hésite pendant des semaines, puis le désir de posséder s’évanouit sans que je ne sache trop pourquoi. La vie à Nelson est plutôt routinière et frugale, mais me permet de me consacrer plus pleinement à mon travail d’écriture. Et j’aime de plus en plus la frugalité, qui n’est pas réelle bien sûr, la vraie frugalité je l’ai vue à Sainte-Lucie, où l’on répare les baskets, à Speighstown, où certains gagnent leur vie en réparant  les tongues et  à La Havane, les briquets Bic.   Je fais de l’exercice tous les jours, je profite du soleil, j’ai une vie bien équilibrée.  J’ai une belle cuisine, où mon obsession pour les aliments santé peut s’éclater quotidiennement.  Et lorsque j’ai d’occasionnelles douleurs lombaires, je vais consulter Hayden. J’ai le temps de préparer un autre voyage, d’étudier une nouvelle langue, ou en  rafraîchir mes connaissances.   Mes sourcils manquants repoussent et mes cheveux s’assagissent. Mais ma bibliothèque, qui est en stockage maintenant, me manque toujours.

 

 

 

 

 

 

14 réflexions sur « Le gout/cout du voyage* »

  1. Bon jour,
    Un article peut-être plus intimiste que les autres 🙂 en tout cas merci pour ce partage.
    En tout état de cause, je peux vivre avec un crayon, du papier, et le minimum vital et avec l’imaginaire comme planète 🙂
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

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