
En 2019, pendant quelques mois, j’ai cru qu’il ne me restait que très peu de temps à vivre. Je suis toujours là, mais tout a changé.
*inspiré de l’autoportrait d’Edouard Levé, trouvé à la foire du livre d’occasion de Nelson en 2020.
LG et moi faisons les mêmes voyages (lorsqu’il n’y a pas de pandémie) mais nous nous souvenons de choses différentes. En ce qui me concerne, mes souvenirs semblent amplifiés par les clichés : je me souviens où j’étais, je me rappelle mon état d’esprit, la température, les odeurs, alors que j’oublie systématiquement les détails d’aéroport. Il se trouve que faire des photos m’apporte beaucoup de plaisir, mais je ne sais pas pourquoi.
*inspiré d’ « Autoportrait » d’Edouard Levé

J’ai appris à marcher à l’âge d’un an, paraît-il. La natation, toute seule, à l’âge de sept ans. Idem pour le vélo. J’ai vu un plant de riz pour la première fois il y a quelques années seulement. Tous les déserts que j’ai vus m’ont fascinée. Depuis 2019, je vis un jour à la fois.

Je me suis perdue à Mojaca, un petit village en Espagne. Cela m’est aussi arrivé à Chefchaouen, au Maroc. Mes rêves m’intrguent, mais je ne les comprends pas. J’aime aller dans les restaurants presque vides. Les amuseurs de rue me dépriment. Je préfère la musique de chambre aux symphonies.

J’aime faire sécher mes vêtements dehors. Je croyais que je marchais vite jusqu’à ce que j’arrive en Nouvelle-Zélande. Lorsque j’étais très jeune, je croyais que la vie ne valait pas la peine d’être vécue après quarante ans. Je fais une marche de cinq kilomètres avant mon premier repas de la journée, mais après plusieurs tasses de café.
(inspiré par la lecture d’Edouard Levé, Autoportrait. J’ai trouvé ce livre en traduction anglaise au marché du livre d’occasion de Nelson, en 2020)