
les rêves blottis au creux de la main
c’est pratique pour le train
ils ne pèsent presque rien
se tiennent tranquilles dans un coin
du cerveau qui me laisse à la gare
pour le train qui ne va nulle part

Tous les dimanches à dix-neuf heures, tourne la manivelle de la machine à rêve : ce qui est arrivé, arrivera peut-être, ce qui pourrait-être, et on exagère les couleurs et les odeurs, l’intensité, les émotions, puis l’on revient sur terre (pas qu’on l’ait quittée, tout se passe dans la tête).

interpréter les rêves
dont on ne se souvient pas
déchiffrer le glaive
qui perçait son aura
décider d’une trêve
avec sa paranoia