Pendant cette parenthèse montréalaise de quelques semaines, j’échangerai les fières canes paradant avec leurs nouveaux-nés pour les écureuils faisant frénétiquement leurs provisions, la rivière paisible pour le vaste Saint-Laurent, qu’on appelle « Le » fleuve. Je remplacerai les bourgeons roses, éclatants, par les couleurs chaudes des érables, et l’air frais du printemps par la lumière nostalgique de l’automne, avant de retourner vers un été que j’ai quitté il y a plus de dix-huit mois.
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Carte postale (5)
Il s’agit de s’habituer à nouveau à vivre en avance : dimanche quand les autres en sont encore au samedi, être le matin quand l’Europe en est au soir, et puis vivre en automne quand d’autres en sont au printemps. Mais c’est aussi retrouver la douceur des couleurs du Pacifique, et du ciel, et les dimanches à la plage, lorsque le temps est beau, puis le soleil, tellement chaud !
Carte postale (4)
Plus loin dans les terres, en Andalousie, se trouve la belle ville de Granada, qui se situe à 780 mètres au-dessus de la mer. J’ai la chance de passer quelques jours dans les Albayzin, le vieux quartier d’inspiration mauresque, faisant face au fameux palais Al’hambra. Dans ce quartier aux petites rues tortueuses, où l’on peut se perdre très facilement, au propre et au figuré, on arrive à s’imaginer facilement comment on y vivait il y a quelques siècles. De petits commerces surgissent au détour de chaque ruelle, dans de longs bâtiments étroits, où sont entassées les marchandises. Les petits bars à tapas et l’affluence de bon vin ne font qu’ajouter au charme de ce petit coin du passé qui réussit assez bien sa survie dans notre millénaire. Ici, les piétons sont rois et les grosses voitures monstrueuses ont bien du mal à se frayer un chemin dans les ruelles où les marcheurs ne cèdent pas facilement la place.
Carte postale (3)
Au Pays de Galles, on attend quotidiennement la pluie et s’il ne pleut pas on est assez content. On va dans le sud de l’Espagne, à Javea (en castillan) ou Xàbia (en valencien ou catalan méridional), pour la mer et le soleil. La Méditerranée est bien là, un peu plus vigoureuse qu’ailleurs, poussée qu’elle est par des vents plus violents, bien bleue, ou bien turquoise, selon l’angle de la lumière. Mais le soleil n’y est pas souvent depuis mon arrivée et la plage est un peu triste. Qu’il ne pleuve pas n’est plus suffisant. On exige le soleil et s’il ne se montre pas, tout le monde va et vient sur l’esplanade avec la moue.
Abertawe (Swansea)
La ville est dominée par la poésie de Dylan Thomas, qui y est né. Vue agréable sur la marina. La mer est toujours là, moins dramatique, plus discrète. La ville industrielle et intéressante dans certains quartiers. La première journée est consacrée : a) à trouver les clefs de l’appartement; b) à réussir à utiliser les clefs pour ouvrir les différentes portes; c) à découvrir les complexités du recyclage (recycle-t-on ici ? Que recycle-t-on ? Où le recycle-t-on ? Que met-on dans les sacs vert foncé, orange, vert pâle?); d) à trouver le mot de passe d’internet; d) à apprivoiser le nouvel espace de vie; e) à m’habituer aux nouveaux visages.
Dans la soirée, j’ai découvert un charmant petit pub où je suis arrivée par accident pendant le « quiz ». On m’y a fait cadeau d’une boîte de chocolat à la bière (je n’ai pas bien compris pourquoi).
S.


