Moi, mes souliers (toujours lacés) comme ceux dont Félix Leclerc a parlé dans sa chanson, ont beaucoup voyagé. Une fois que j’en ai adopté une paire, mes chaussures me suivent partout, dans mes errances ou mes trajets quotidiens. J’ai changé les semelles, les lacets et les talons de celles-ci de nombreuses fois. Les cordonniers ne réagissent pas tous de la même façon, à ma façon de marcher qui fait que les talons s’usent toujours du côté gauche. Certains, contents d’avoir trouvé une cliente en or, qui revient tous les trois mois, m’offrent des rabais pour me fidéliser. D’autres m’ont déconseillé parfois de refaire la semelle, croyant qu’elle pouvait tenir encore un peu. Récemment, un cordonnier de Nelson a refait le talon de mes chaussures en m’assurant qu’ils allaient tenir très longtemps. Je n’ai rien dit, car je sais que quel que soit le talon qu’on met sur mes chaussures, il est à refaire tous les trois mois. Lorsque j’y suis retournée, il y a quelque temps, c’est un cordonnier consterné qui a constaté que j’avais bousillé son travail. Incapable de se faire à l’idée de me revoir dans trois mois, il m’a suggéré, plutôt impatienté, qu’étant donné ma façon de marcher (son regard me disait que ce n’était pas les talons qui représentaient le problème, mais bien moi), il vaudrait mieux mettre des fers pour protéger le coin sensible des chaussures. Je me suis donc retrouvée avec des souliers ferrés, comme aux temps anciens. Mes talons vont durer un peu plus longtemps, sans doute pas aussi longtemps que l’espère le cordonnier, mais ils dureront quand même un peu plus.
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Les mots (16)
L’origine du mot suranné, que j’ai employé dans un billet, il y a quelques jours, m’intriguait. A l’origine, au douzième siècle, ce mot signifiait tout simplement, « qui a plus d’un an ». Au 16e siècle, le mot signifie plus généralement « vieux, ancien », ou qui appartient à une époque révolue ». Le mot proprement dit est formé sur an et sur. Aujourd’hui, il est souvent utilisé dans un contexte nostalgique pour parler d’un décor, d’un hôtel, de meubles. Bref, dans un contexte qui nous donne envie de retourner dans le passé.
Le cout de la culture
Je suis en faveur de politiques sociales qui encouragent toutes les formes de culture. Elle est un gage d’humanité, l’expression d’un espoir pour l’espèce humaine. Nos gouvernements ne partagent malheureusement pas tous cette vision des choses. Il est donc rassurant de constater que les individus ont tout de même la possibilité d’avoir accès aux plus belles constructions littéraires à un moindre coût. Ainsi, à la bouquinerie de Montréal, j’aurais pu obtenir un classique, un roman philosophique, de la poésie et un excellent roman pour $C10.00 (ou alors pour rien du tout à la bibliothèque). Merci la bouquinerie !
Saint-Houblon (priez pour nous)
En regardant par hasard au-dessus des toits, j’ai cru qu’il s’agissait d’un signe. J’ai essayé d’imaginer l’inspiration, sans doute divine, qui avait jadis conduit ce saint à macérer le houblon jusqu’à en tirer le liquide qui ferait, pour les siècles à venir, la joie des fans de rugby, de hockey ou de football, avant de conquérir les buveurs de vin grâce à des recettes artisanales. Où était-il né (en Belgique? En Allemagne?) me demandais-je, ce saint oublié de tous, au profit de son invention. En allant au petit pub du même nom, j’espérais être accueillie par la petite histoire de Saint-Houblon, qui me ravirait sans doute. Le petit pub est bien sympa, mais point d’histoire et je ressens un vide, maintenant que j’ai imaginé ce saint qui n’existe pas (à moins qu’un lecteur soit au courant de quelque chose que j’ignore).



