Archives de catégorie : prose

Mot de la fin (d’annee)

Quelques réflexions de fin d’année (pas de statistiques, promis).

De nouveaux lecteurs et de nouvelles lectrices se sont joints au blog. Tous viennent d’horizons et de pays  différents et cela est très bien ainsi. Certains passent tous les jours, d’autres de temps en temps. Certains laissent des commentaires, tous appréciés, d’autres sont plus discrets, mais  dans l’ensemble, l’atmosphère du blog est conviviale.

J’ai débuté l’année en lion, au rythme d’un billet par jour, mais il est devenu assez rapidement apparent que je ne pouvais maintenir ce rythme et je suis donc passée de sept a quatre billets par semaine. Il y en aura peut-être moins en  2016, car je veux terminer d’autres projets et les billets ainsi que leur traduction prennent beaucoup de temps. Les catégories seront les mêmes mais j’espère y ajouter la catégorie « bout de papier » pour renouer avec l’écriture cursive. Il y aura des séries, car j’aime parfois creuser un thème particulier, et des textes indépendants, des billets sur les mots, au rythme de mes réflexions et de mes découvertes, des textes de prose et des textes poétiques, dont le but est et restera toujours  le même : cerner un moment qui permet d’évoquer une sensation  de vie « augmentée » (toujours selon la définition proposée par Kenneth White). Un beau défi que de trouver un moment dans la journée où je me concentre pour saisir cette fugacité, qui demande cependant une certaine discipline( qui en vaut largement la peine). Le processus créateur a peu changé. Pour les  photos, j’aime sortir, surtout les jours de soleil, mais pas toujours, sans savoir où  mes pas vont me porter. Parfois je rentre bredouille, parfois je reviens avec des dizaines de photos. Il arrive que la photo me dicte immédiatement les mots ou bien c’est le contraire. Il m’arrive de trouver des photos intéressantes, sans arriver  à le mettre en mots et il faut parfois que j’attende plusieurs mois avant que les mots arrivent enfin. Parfois ce sont les mots qui viennent et je dois chercher la photo qui accompagnera le mieux le texte. Parfois j’aime beaucoup un billet qui ne cause pas beaucoup d’enthousiasme dans le lectorat, et c’est parfois le contraire. Allez savoir !

Du point de vue des projets, j’ai toujours un roman en chantier que j’espère terminer en 2016. J’ai renoncé  à en mettre des extraits sur le blog parce qu’ils sont trop longs à traduire. J’ai un autre roman qui dort dans mes tiroirs depuis longtemps, que je voudrais retravailler. J’aimerais peut-être aussi mettre certaines parties du blog sur papier, mais ce projet est encore bien vague. Un autre voyage est en vue pour le printemps (néo-zélandais) prochain (mais vague encore pour le moment). Je reprendrai quelques leçons d’italien ( j’espère que la lecture des blogs italiens va m’aider).

Dans les jours qui viennent je mettrai quelques photos de vacances pour partager l’atmosphère de détente qui règne à Nelson et je serai de retour autour du onze janvier.

Bonne fin d’année poétique à tous et à toutes. Cette rencontre virtuelle a dépassé toutes mes attentes. Que vos vœux les plus chers se réalisent en 2016.

 

Pendant ce temps, dans le sud…

20151129_152722
Un collègue qui vivait en NZ depuis une trentaine d’années, m’a dit un jour, peu après mon arrivee en Nouvelle-Zélande,  qu’il adorait le pays  mais qu’il n’était jamais arrivé à se débarrasser du mal du pays à Noël. Il ne pouvait s’empêcher de penser à  son Ecosse natale, aux jours brefs et froids, ainsi qu’à  tout ce qui évoque le temps des Fêtes dans cette partie du monde.
Comme je souffrais moi-même du mal du pays, j’ai renoncé du coup à lutter contre ce sentiment qui m’envahissait immanquablement, aussitôt que je voyais un arbre de Noël ou que j’entendais une chanson liée de près ou de loin au temps des Fêtes. Je faisais  de grands efforts pour  oublier que c’était Noël. J’allais à la plage et j’essayais d’éviter toute référence à Noël.

 

En 2011, j’étais à Nelson. Le 24 décembre, tout le monde s’est réuni  en soirée, au pied de la cathédrale qui surplombe la ville. On avait allumé des chandelles et on chanta  des cantiques de Noël à la tombée de la nuit. Puis, tout le monde a célébré en prenant un verre, autour de minuit, dans la chaleur de la nuit. Le lendemain, nous sommes allés à  la plage, avec un petit verre de vin blanc. A partir de ce moment, la magie a commencé à se manifester.
Je suppose que ce qui me fait aimer les Fêtes ici, c’est qu’il semble  plus  facile d’oublier tout l’aspect consumériste attaché à cette époque de l’année  et c’est probablement la raison pour laquelle j’aime de plus en plus  mes Noëls d’été, où l’on ne mange pas trop, boit pas trop, consomme  pas trop non plus et que l’on profite tout simplement du beau temps, des vacances, de la mer, des copains et de la famille.  Noël ici semble un peu dilué dans les vacances d’été, avec lesquelles il coïncide (mais on rate une seconde occasion de vacances : rien n’est parfait).

Le plus vieux pub

 

leplusvieuxpub.jpgPour terminer le thème de la semaine, sur la beauté de l’âge, à  Upper Moutere (je ne crois pas qu’il y ait the Lower Moutere), près de Nelson, on trouve un pub qui affirme être le plus vieux pub du pays, établi en 1857. A une époque où l’âge n’est pas particulièrement à la mode, je trouve intéressant de trouver la plupart des ‘vieux’ pubs plus intéressants que les plus récents (de même que les vieilles voitures, les vieux arbres, les vieilles clôtures). Il n’est pas nécessaire d’opposer les uns aux autres, seulement de voir le charme de chacun.

Sur le mur de ce vieux pub, près de Nelson, je n’ai pu résister aux   statistiques de Nelson, en 1847 (sur la photo), qui me rendent songeuse,  un peu comme les épitaphes que l’on trouve dans les  cimetières. Je suis toujours touchée par les documents administratifs qui ont pour but, en quelque sorte, de résumer la vie.

Après avoir savouré un verre de vin blanc local,  une promenade sur la route   Neudoff, où l’on trouve de tout : des vignes aux champignons, en passant par la sculpture sur bois  et les olives. Après-midi charmant garanti !

Canetons

 

canards1J’attendais avec impatience, en septembre, l’arrivée des canetons sur la rivière. J’aime voir les premières journées de ces petits qui ne comprennent rien, piaillent sans cesse, surtout lorsqu’ils croient avoir perdu leur baby-sitter. J’étais convaincue de pouvoir les voir avant mon départ, le 16 septembre. Le jour de mon départ, alors que je ne les avais toujours pas aperçus, j’étais allée encore une fois, au bord de la rivière : ils auraient dû être là, je sentais une certaine fébrilité, ils allaient apparaître dans un détour… mais non. Le journal local, cependant, le jour même, publiait la photo d’une ribambelle de canetons menée par une baby-sitter pas peu fière. J’ai pensé souvent à ces canetons pendant mon séjour montréalais et une fois revenue, mon premier souci fut de vérifier où les canetons en étaient. Ils ont grandi, bien sûr, mais dans leur plumage ébouriffé, on voit toujours les traces de leur naïveté, leur propension à fuir les humains (tandis que leurs parents les identifient à une source de nourriture et s’approchent sans crainte aucune). Ils ne semblent plus se perdre et ils auront bientôt tout ce qu’il faut pour vivre leur vie de canards indépendants, mais ils ont encore les traits de la jeunesse et je me promets de repasser souvent pour les admirer.