Archives de catégorie : prose

Charognards*

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Tenby a une relation difficile avec les goélands. De nombreuses affiches demandent aux visiteurs de ne nourrir les goélands sous aucun prétexte, car ils ne reculent devant rien pour un bout de nourriture. C’est sans doute dans cet esprit que récemment, une ville (ou un village) de Grande-Bretagne a infligé une amende a une femme qui avait partagé une frite avec un goéland. Ce n’est probablement pas le point de vue de tout le monde. Les pêcheurs du port ne semblent pas se formaliser de leur présence et ils leur jettent même à l’occasion, des restes de poisson. Quant à moi, les goélands de Tenby sont une des raisons pour lesquelles j’aime y venir. Je ne me lasse pas de les regarder à toute heure du jour. Ils se dirigent vers la moindre parcelle de ce qui peut ressembler a de la nourriture dans un joyeux concert souvent cacophonique mais plein de vie. Je continue de les prendre en photo, au cas où, celui-ci ou celui-là serait plus intéressant, et cela, même si l’un d’entre eux s’est un jour attaqué à mon sandwich. Plus récemment, alors que je marchais sur la Place Tudor, un homme furieux s’est précipité hors d’une boutique en vociférant contre le volatile qui s’était emparé du poisson qu’il venait d’acheter. Bon, d’accord, ils sont vilains, parfois, des charognards, qui mangent n’importe quoi. Sans doute sont-ils utiles dans le port, alors qu’ils nettoient, en quelque sorte, l’endroit. Et ils n’ont pas toujours la vie facile. Alors que la tempête Angus s’abattait  sur une partie du pays il y a quelques jours, les pauvres oiseaux tentaient de lutter contre le vent pour aller se repaître de ce qu’ils pouvaient trouver, mais n’y arrivaient et je suppose que ce jour-là ils ont tout simplement jeûné. C’est vrai qu’ils manquent de manières, mais peut-on leur reprocher de ne pas savoir faire la différence entre le poisson qui vient de la poissonnerie et celui qui flotte a la surface des eaux.

*variation sur le même thème, le 25 janvier 2015 « Gwelen »

Adios Saldinia

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En Sardaigne, j’ai aimé : La douceur de Santa Teresa di Gallura, ses eaux claires, la cloche qui sonne le passage du temps et semble ainsi en ralentir la course, les formations rocheuses de Capo Testa, entendre la langue sarde. Traverser la Sardaigne du nord au sud et découvrir son paysage rocailleux et mystérieux. Découvrir une petite ville universitaire au sommet d’une montagne au milieu des forêts. L’appartement airbnb avec vue sur la plage rena bianca (je le veux, je le veux, je le veux). Découvrir Cagliari, son énergie, rencontrer Enrico, l’hôte du airbnb. Me sentir déjà presque chez moi dès le deuxième jour lorsque le marchand de légumes, qui me voit pour la deuxième fois, ne me regarde plus avec méfiance et me souhaite une bonne journée. Les pierres de la Sardaigne.

Je n’ai pas aimé : les horaires de bus bidon de l’information touristique, à Santa Teresa (ne pas oublier de rédiger un billet sur les hauts et les bas des transports collectifs) . Marcher sous un soleil de plomb avec vingt kilos de bagage dans les collines et trouver par hasard le cousin de l’hôtesse qui ne s’est pas pointée (ne pas oublier de rédiger un billet sur les hauts et les bas des airbnb). La dame de l’information touristique de Cagliari (ne pas oublier de rédiger un billet sur la description de poste dans les bureaux d’information touristique).  Perdre des photos d’ensemble de la ville, prise depuis le ferry en route vers Naples.

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Retour

Poésie visuelle sera de retour le 1er août. J’aurai sans doute raté de beaux moments sur la blogosphère pendant mon absence, mais  j’avais besoin de refaire le plein d’énergie créatrice et je désirais prendre un peu de recul par rapport au blog. Il sera bientôt  temps de rallumer la flamme poétique et je reprendrai progressivement contact avec la blogosphère.

Poésie visuelle a une nouvelle bannière reflétant davantage l’esprit du blog, ainsi qu’une nouvelle adresse en français : www.poesievisuelle.net . Certaines catégories ont disparu et de nouvelles sont apparues : haiga,  haiku (toujours interprétées à ma manière) dont je proposerai des traductions en anglais sur le côté anglais du blog, bien que certains affirment que cette langue ne s’y prête guère, ainsi que la catégorie landart. Dans cette catégorie, je regrouperai les photos de nature qui donnent l’impression d’être de l’art. C’est  la très gentille Laurence Delis qui m’a parlé de ce concept dans un commentaire, et m’a donné l’idée de le développer (merci Laurence). Ce  terme est utilisé lorsque la nature s’ordonne de façon telle qu’on a l’impression qu’elle est intervenue. Il s’agit encore une fois de mon interprétation personnelle de l’expression.

J’aurai  revisité les poèmes pour en uniformiser l’étiquetage, les catégories et parfois la numérotation. J’ai édité un certain nombre de poèmes, dont certains réapparaîtront peut-être plus tard. Le côté anglais n’est pas terminé.

Poétiquement vôtre

Sylvie G.

Le poids des choses

Joe, un surfer enthousiaste, se joint à notre table, au café du port. Il nous confie qu’il est en train d’aider sa belle-mère a vider le sous-sol de sa maison, qui déborde des collections de son défunt mari : jouets, bouteilles de bière, timbres, National Geographic, bref, plus ou moins tout ce qui se collectionne. Ce processus épuisant les oblige à envoyer les collections en Grande-Bretagne pour être vendues aux enchères, car il ne croit pouvoir trouver personne en Nouvelle-Zélande qui puisse acheter autant d’objets. Il nous dit ensuite que lorsque sa première femme est décédée, il ne s’est senti capable de reprendre sa vie que le jour où il s’est libéré de tout ce qu’ils avaient en commun. Il a rencontré sa seconde femme récemment et ils se retrouvent avec le double de tout : ils ont même en commun une dizaine de vélos. Il conclut donc simplement et philosophiquement : too much stuff, too much food, too much booze (trop de choses, trop de nourriture, trop d’alcool). Il résume assez bien le sentiment qui m’envahit de plus en plus souvent lorsque je vais dans les grandes villes (mais pas que) et que je me retrouve dans un centre commercial ou autre coin bondé de commerces. Je suis d’abord ravie par la nouveauté, mais je me sens ensuite rapidement accablée par le poids des choses, l’abondance de la nourriture, bref, le nombre de choses qui nous sollicitent constamment. Ensuite, je revois tous les trucs vendus en magasin dans les « charity shops » et je me dis que je n’aurais aucun mal à meubler toute une maison avec ce que j’y trouve, mais, surtout, que la terre pourrait faire une pause d’une dizaine d’années pour se libérer du surplus que nous semblons avoir accumulé. Acheter quoi que ce soit est par conséquent devenu pour moi un processus de réflexion de plus en plus compliqué. Grâce à Joe, je me sens un peu moins seule.

Wakefield (1)

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A vingt-cinq kilomètres au sud de Nelson se trouve le petit village de Wakefield (nommé d’après la ville anglaise) où je suis allée voir une exposition de matelassage (je ne suis pas certaine du terme en français, « patchwork », peut-être, « couture à la main »). En fait, j’y allais pour faire plaisir àquelqu’un, mais l’exposition était en fin de compte très intéressante (je n’ai pas pris de photos parce que la lumière ne s’y prêtait pas). Les motifs plus traditionnels côtoyaient les interprétations plus modernes. Rien n’était à vendre, du moins pas officiellement, et j’ai trouvé rafraîchissant qu’il n’y ait pas de promotion. Je ne pouvais cependant  m’empêcher de me dire que si  ces œuvres étaient vendues, elles seraient hors de prix. Et que ces  prix exorbitants seraient néanmoins bien en-deça de leur véritable valeur, car chacune des œuvres représente des centaines et même des milliers d’heures de travail, à n’en pas douter.

 

A la sortie de l’exposition, je me suis arrêtée  à l’église anglicane, fondée en 1846, l’une des églises les plus anciennes de Nouvelle-Zélande. La porte était verrouillée, malheureusement et je ne pouvais qu’apercevoir les magnifiques bancs en kauri, un bois précieux de Nouvelle-Zélande. Le cimetière est également l’un des plus vieux du pays et j’ai lu quelques épitaphes, comme je le fais toujours. C’est une petite croix de bois qui m’a cependant le plus émue.

 

Sur la route du retour, j’ai acheté quelques figues bio au bord de la route. Un magnifique soleil d’automne m’a accompagnée tout au long de la route. En somme, une journée parfaite.