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#4207 : author : John Berryman

photo: elusive kerero, Brooks sanctuary, Nelson

John Berryman is considered by some to be the greatest of American poets. However, I only discovered him recently, on the occasion of the posthumous publication of « Only Sing: 152 Uncollected Dream Songs », regarded as the continuation of « Dream Songs », which earned him the Pulitzer Prize for Poetry in 1964. He was born in 1914 and died in 1978 by suicide. He was deeply affected by the death of his own father, who committed suicide when the boy was eleven. He suffered from depression and alcoholism for much of his life. He belongs to the Confessional poetry school (Sylvia Plath is also part of it). I greatly admire his syntax, his original use of punctuation, his honesty, his lack of embellishment, his sarcastic, often cynical and ironic side, which some critics have described as « lowdown buffonery ». He is sometimes difficult to follow (I have to read him in English as there is no systematic French translation of his work). Despite the very dark side of his life and sometimes of his writing, I find that his poetry, even when he is gloomy, full of life and the simplicity I love in writing. To give you an idea of his talent, an excerpt from one « Dream Song 14 »

Life,friends, is boring. We must not say so. After all, the sky flashes, the great sea yearns, we ourselves flash and yearn, and moreover my mother told me, as a boy, (repeatingly) ‘Ever to confess that you are bored means you have no inner resources’. I conclude now I have no inner resources because I am heavily bored.

#4207 auteur : John Berryman

photo : insaisissable kerero, Brooks sanctuary

John Berryman est considéré par certains comme le plus grand des poètes américains. Je ne l’ai cependant découvert que récemment, à l’occasion de la publication posthume de Only Sing: 152 Uncollected Dream Songs, considéré comme la continuation de Dream Songs, qui lui a valu le Pulitzer de la poésie en 1964. Il est né en 1914, mort en 1972 d’un suicide. Il a été profondément marqué par la mort de son propre père, qui s’est suicidé lorsque le jeune garçon avait onze ans. Il a souffert de dépression et de dépendance à l’alcool une grande partie de sa vie. Il fait partie de l’école de poésie Confessional (dont Sylvia Plath fait également partie). J’aime beaucoup sa syntaxe, son utilisation originale de la ponctuation, son honnêteté, son absence de fioritures, son côté sarcastique, cynique et ironique, que certains critiques ont qualifié de « lowdown buffoonery » (je ne suis pas certaine de savoir comment traduire cette expression). Il est parfois difficile à suivre (je dois le lire en anglais parce qu’il est peu traduit en français). En dépit du côté très sombre de sa vie, je trouve que sa poésie, même lorsqu’il est morose, est pleine de vie et de la simplicité que je recherche dans l’écriture.

Pour vous donner une idée de son talent, un extrait d’un des rares poèmes que j’ai trouvé de lui en français, Dream Song 14 :

La vie, mes amis, est ennuyeuse.

Nous ne devons pas le dire.

Après tout, le ciel flamboie, la grande mer languit,

Nous-mêmes flamboyons et languissons, et de plus ma mère me disait, enfant,

(à repetition) “Toujours avouer que tu t’ennuies

Signifie que tu n’as pas de ressources intérieures”.

Je conclus maintenant que je n’ai pas de ressources intérieures

Parce que je suis lourdement ennuyé.