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What I’ve read : Karl Ove Knausgaard : A death in the family

Nelson, winter 2021, Sylvie GE

A new author, about whom some claim that he is the discovery of the 21st  century: Karl Ove  Knausgaard, from Norway, best known for « My Struggle » (a title inspired by « Mein Kampf », that  seems  unrelated to the German publication (but so far I have only read two of the six volumes under this title)  ). I do not know what aroused my curiosity for this author, who recounted in six volumes his daily  and inner life from all angles, but there we are.  He had previously published other  titles very well received by the critics, crowned with  various awards, but it was « My Struggle » that made him known worldwide. In principle,   what I thought was a kind of autofiction with narcissistic flavors would not appeal to me. And yet. I first read « Spring », which is I believe its penultimate title, when I did not know where to start  (it  seemed more logical to me, but I had  to start with « A death in the family », which recounts, unsurprisingly, the death of his father, but also his adolescence in a very detailed way)  .  In this book, he recounts  insignificant details or important moments, which makes some passages boring  (I don’t always have the patience to read them all). The publisher presents it  as « an emotional journey of absolute fidelity », a very accurate description, in my opinion, of the author’s adolescence with an exceptional memory. He remembers   colors, flavors, moments, noises with an accuracy that leaves me speechless and that I would probably not be able to reproduce. Beyond this literary detail,  and even if some moments are long, I am not sure I can put my finger on the precise reason for  what  touches me so deeply. Perhaps it is his total fidelity to his memories, without any complacency  and hi   honesty. I find  in him no desire to present himself in a favorable light, to autofiction in order to glorify himself or complain, as is often the case in this kind of work. I’ve read a few reviews where it’s mentioned that you hate it or love it, I can imagine both reactions quite easily. As for the author himself, he confessed  that he began to write what would become a monumental work, when he had difficulty writing, that he first did it to grasp the present moment, what was happening in his head, and that he   had no intention of publishing what he wrote, which I find easy to  believe  given what he projects in the eyes of the readers,   a quite ordinary human being  struggling with   a world  he does not always understand. Elsewhere, he confesses that he is  a shameful individual, from whom he tried to free himself by recounting what he considered shameful. It is, I think,  another sign that literature, as well as poetry (which I explore in a very humble way here) is always in movement, always changing, this is such a mysterious and fascinating process at the same time. His family and friends  also appear  in his books and they  do not necessarily appreciate what he has to say about them. It  has led of course  to the questioning  of  his version of the facts  and confirms that any event is experienced in a unique way. He must also live with what he has honestly admitted,  and the possibility that his children will one day read his books (not particularly pleasing). So,  maybe to read or not, it really depends on what you are looking for in a book. As for me, I intend to continue reading  and discover more about him. Will I be able to go to volume 6 or not? To be continued.

Ce que j’ai lu : Karl Ove Knausgaard : La mort d’un pere

Nelson, hiver 2021, Sylvie GE

Un nouvel auteur, à propos duquel certains affirment qu’il est la découverte du 21e siècle : Karl Ove Knaussgaard, de Norvège, surtout connu pour « Mon Combat » (titre inspiré de « Mein Kampf », mais me semble-t-il sans aucun rapport avec la publication allemande (mais jusqu’à présent je n’ai lu que deux des six volumes sous ce titre)). Je ne sais trop ce qui m’a attisé ma curiosité pour cet auteur, qui a relaté en six volumes, sa vie quotidienne et intérieure sous tous les angles. Il avait auparavant publié d’autres titres  très bien reçus par la critique, couronnés de divers prix, mais c’est « Mon Combat » qui l’a fait connaître mondialement. En principe, une sorte d’autofiction aux saveurs narcissiques n’avait rien pour attirer mon attention. Et pourtant. J’ai d’abord lu « Printemps », qui est je crois son avant-dernier titre, alors que je ne savais pas par lequel commencer (le printemps me semblait plus logique, alors qu’il fallait commencer avec « La mort d’un père », où il relate, sans surprise, la mort de son père, mais également son adolescence et ce, en n’omettant aucun détail). Il y parle autant de détails insignifiants que de moments importants, ce qui fait que certains passages sont ennuyeux (je n’ai pas toujours la patience de lire tous ces passage). L’éditeur le présente comme « un voyage affectif d’une fidélité absolue », une description très juste, à mon avis, de l’adolescence de l’auteur à la mémoire exceptionnelle. Il se rappelle des couleurs, des saveurs, des moments, des bruits avec une justesse qui me dépasse et que je ne saurais sans doute pas reproduire. Au-delà de ce détail littéraire, et même si certains moments sont longs, je ne suis pas certaine de pouvoir mettre le doigt sur la raison précise de ce qui me touche profondément : sa fidélité totale à ses souvenirs, sans complaisance aucune , sa profonde honnêteté ? Je ne trouve chez lui aucun désir de se présenter sous un jour favorable, de s’autofictionner pour se glorifier ou se plaindre, comme on le trouve souvent dans ce genre d’ouvrage. J’ai lu quelques critiques où l’on mentionne qu’on le déteste ou qu’on l’adore, j’imagine assez facilement les deux réactions. Quant à l’auteur lui-même, il a confessé qu’il s’est mis à écrire cette suite, alors qu’il avait de la difficulté à écrire, qu’il l’a d’abord fait pour saisir le moment présent, ce qui se passait dans sa tête, et qu’il n’avait alors aucune intention de publier ce qu’il écrivait et que je crois sans peine compte tenu de ce qu’il projette aux yeux des lecteurs, soit un être humain somme toute assez ordinaire, se démenant dans un monde qu’il ne comprend pas toujours. Ailleurs, il avoue qu’il est un individu rempli de honte, dont il a tenté de se libérer en relatant ce qu’il considérait comme honteux et son écriture, comme une exploration littéraire nouvelle, d’un nouveau genre. Il me semble qu’il a raison et que la littérature, tout comme la poésie (que j’explore très humblement, à ma manière), est toujours en mouvement, d’une manière infiniment mystérieuse et fascinante, dans son désir d’explorer toujours davantage, les profondeurs de l’esprit humain.  Evidemment, son entourage apparaît dans ses livres et n’apprécie pas nécessairement, ce qui a bien sûr conduit à la remise en question de sa version des faits et confirme que tout événement est vécu d’une manière unique. Il doit de surcroît vivre avec ce qu’il a admis avec honnêteté, la possibilité que ses enfants lisent un jour ses livres (pas particulièrement réjouissant). Donc, peut-être à lire ou non, cela dépend vraiment de ce qu’on cherche dans un livre. Quant à moi, j’ai l’intention de continuer à le lire. Pourrai-je me rendre au tome 6 ou non ? A suivre.