Archives du mot-clé Pompei

Quitter l’Italie ?

 

Ce que j’ai aimé : Meta, Luigi, Rosaria (la meilleure pizza), les cloches et les coqs qui scandent le temps, aller sur la falaise de Meta pour admirer la vue, Antonietta (la nonna la plus sympa). A Naples, j’ai aimé l’énergie de la ville qui débordait de partout, observer les étudiants de l’Université. A Pompei, me plonger dans la vie d’une ville de cette époque, me rappeler que l’art est un besoin viscéral de l’humanité (et peut-être la seule chose qui peut sauver l’humanité), entendre un petit air d’opéra. La vue depuis la route entre Sorrento et Amalfi. Voir des dauphins s’amuser à suivre un petit bateau depuis la route. Voir comment les Italiens semblent mettre constamment en scène des petits moments de la vie quotidienne : la dame qui proteste très fortement auprès du vendeur de tickets pendant de longues minutes, s’en va et puis revient, comme en rappel. L’élégance des gendarmes féminins (qui donne presque envie de devenir flic).

 

Ce que je n’ai pas aimé : quitter Meta, après une semaine, je m’y sentais déjà chez moi. Sorrento, beaucoup trop touristique. Capri : beaucoup trop de touristes également, même si je peux voir ce qui y a jadis attiré les gens. Je me retrouve dans la position inconfortable de la touriste qui comprend que les citoyens de Venise protestent en vue de se réapproprier leur ville. La nonna qui compte son argent derrière le comptoir et n’est pas très sympa avec sa petite fille qui fait tout le travail.

Je quitte l’Italie ou non ? Certains affirment qu’aller en Sicile, c’est aller dans un autre pays (c’est du moins l’opinion d’un copain italien de Nouvelle-Zelande). On verra bien.

Pompei

IMG_0383.JPG

IMG_0327.JPG

img_0333

J’ai failli ne pas aller à Pompei, après avoir regardé un docu tentant de faire revivre au public les derniers jours de la ville. Tellement ennuyeux que je redoutais de m’embêter. Heureusement qu’à la dernière minute, je me suis dit que j’étais si près que ce serait bête de ne pas y faire un saut. Au lieu de penser aux derniers jours de la ville, j’ai découvert la ville d’avant le volcan : une belle ville, de larges rues, des maisons d’une grande  beauté, un grand raffinement dans l’art de vivre.

Une joie de trouver dans le temple consacré à Isis, une citation d’Apulée, tirée des Métamorphoses, un texte que j’ai étudié dans mes cours de latin à l’université. Puis je songe à mes études, comme le temps passe,   vite, et toujours différemment de ce que l’on avait imaginé.

L’émotion de découvrir les théâtres, cet amour pérenne de l’humanité pour l’art et la beauté. Et puis une guide qui veut démontrer la qualité de l’acoustique en y allant d’un petit air d’opéra. Belle journée.

Une semaine a Meta

Je suis arrivée avec le ferry de nuit, depuis Cagaliari dans la baie de  Naples, a huit heures trente, un moment que j’avais imaginé de nombreuses fois, baigné dans un soleil matinal, mais ce jour-là, il pleut. Il faut trouver un taxi jusqu’à la stazione centrale et dans le train pour Meta, pour l’étape d’une semaine sur la côte amalfienne. Ce petit village semble un point de départ idéal pour visiter Sorrento, Naples, Pompei, Positano, Amalfi et Capri. Meta est à quelques kilomètres de Sorrento et coûte beaucoup moins cher, tout en permettant l’accès facile par bus ou par train aux endroits où je désire aller. La grande surprise de cette étape est cependant Meta, un petit village authentique et peu touristique (du moins à cette époque de l’année).  Je me suis sentie immédiatement à l’aise, en grande partie grâce à Luigi qui, à soixante-dix-sept ans, s’occupe depuis une vingtaine d’années des appartements qu’il a aménagés lui-même. La vue de l’appartement est magnifique et les petites rues descendent jusqu’à la plage. Dès le premier jour, Rosaria, qui a une petite boulangerie et une pizzeria me vend ce que je veux et bien d’autres choses, notamment du fromage frais (paradis). Elle m’offre également une pizza, mais je remets cela au lendemain. J’irai chez Rosaria presque tous les jours et dès la deuxième journée, elle me salue comme si j’avais toujours vécu à Meta. La vue que l’on a de la falaise sur la petite baie est enchanteresse. Luigi m’initiera au lemoncello, une liqueur à base de citron (il m’a même donné sa recette)  et passera de longs moments à expliquer les différentes méthodes de transport et comment profiter de chacune des méthodes. Il parle un peu de sa vie aussi. IMG_0413.JPGChez Antonietta, je découvre le regard bienveillant d’une nonna qui dirige un petit café d’une main de fer, sans doute, mais aussi avec beaucoup d’amour pour les trois générations qui s’affairent à faire marcher ce petit restobar.