Je sais les cieux crevant en éclairs et les trombes
et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L’aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelque fois ce que l’homme a cru voir
Rimbaud, Arthur (1854-1891) Le bateau ivre
Certaines images sont dotées d’un pouvoir évocateur hors du commun. Cliquer ci-dessous pour voir « The Letter », de Mary Cassatt (1844-1926), une peintre américaine qui a vécu de nombreuses années en France et qui a travaillé avec des impressionnistes. Je ne me lasse pas de regarder cette image, influencée par les techniques de la gravure japonaise.
Une image qui saisit avec sensibilité le moment où l’on s’apprête à partager son intimité avec l’autre.
Les oiseaux de mer se pâmaient et gémissaient, énervés, semblait-il, par le spectacle de ce grand bol d’eau, bombé comme une ampoule, bleu métallique, malveillant et rayonnant.
Banville, John (2005), La Mer, p. 3
La mer qui s’étale devant moi tandis que j’écris ne scintille pas, elle brille, sous le soleil fade du mois de mai.
Murdoch, Idris (1978), La Mer, La Mer (p. 1)
La mer lave toutes les souillures de l’humanité
Euripide
La vie n’avait pas de fond, il s’agissait d’être prudent,
aller et venir dans une peau comme un bleu auquel il ne faut pas toucher.
Le ciel du côté du balcon pour battre les tapis était tout à fait clair.
Il s’agissait de se procurer de l’argent, d’avoir ce qu’il faut pour vivre.
Il s’agissait d’avoir une chambre, un lit derrière la cuisine
et d’économiser en vue d’une plus grande.
Carpelan, Bo (1969). « La Cour » (extraits). publié dans Vivre en dépit des jours. Trois poètes du Nord, présentés et traduits par Lucie Albertini et Carl Gustaf Bjurström, Paris : Francois Maspero (1977), p. 13