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En rédigeant mes impressions de lecture, j’ai utilisé les mots vrai et véridique. Je ne croyais pas pouvoir utiliser true dans les deux cas et dans le second j’ai choisi credible, pour exprimer « qui témoigne d’un souci de vérité » (j’aurais également pu utiliser truthful), je me suis demandé quelle était la nuance de sens entre ces deux mots et véritable, un autre mot de la même famille. Il n’est pas étonnant de constater que vrai « conforme à la vérité » vient du latin populaire veracus, comme résultat de l’évolution naturelle du mot vers le français, car les mots français (et non empruntés au latin à une date ultérieure) sont généralement courts. Véritable vient pour sa part du latin classique : il est un dérivé du substantif vérité « dont l’existence, la réalité ne peuvent être mises en doute ». Véridique « qui témoigne d’un souci de vérité » vient également du latin classique veridicus et de dicere « dire ». Différentes nuances, donc, pour chacun de ces mots : le premier insiste davantage sur la distinction vrai/faux, le second sur la réalité (souvent traduit par real en anglais), et le troisième sur la fidélité ou la justesse. Il est fascinant de constater que ces mots sont utilisés dans le contexte approprié par les locuteurs natifs sans qu’ils se rendent toujours compte des nuances subtiles entre les mots.
Cette expression idiomatique « passer comme une lettre à la poste » fut d’abord utilisée pour évoquer la facilité de la digestion et est aujourd’hui encore utilisée pour évoquer ce qui est facile et sans difficulté. Peut-être plus pour longtemps. Le rituel de la lettre, à l’heure de la technologie, semblera de plus en plus, aux générations nées avec la technologie, un processus long et peut-être fastidieux : dater la lettre, puis l’écrire de sa plus belle écriture en évitant les ratures, la signer, la plier, l’insérer dans l’enveloppe (coller l’enveloppe) avant de se rendre à pied, à la boîte aux lettre. Il y a fort à parier que le sens de cette expression deviendra de moins en moins transparent à l’avenir. Quant à moi, cette jolie boîte aux lettres près de chez moi me donne envie d’écrire des lettres, pour le seul plaisir de les mettre à la poste.
Parfois, un accent fait toute la différence. Encore une fois, je fais appel au latin pour comprendre pourquoi être indigne n’est pas à souhaiter alors qu’être indigné est un sentiment tout à fait digne. En latin, dignus signifie » digne », « honnête », « juste », « mérité » et a donné le français digne et son contraire indigne. Indigné, cependant, signifie « rejeter ou repousser parce qu’indigne », un adjectif qui qualifie maintenant un mouvement né des crises économiques qui secouent le monde depuis une dizaine d’années et des injustices qui en résultent. C’est le participe latin indignor qui est à la source de cette signification. IL s’agit simplement de mettre l’accent au bon moment au bon endroit.
J’aime la grammaire, autant que les mots. Pas nécessairement la grammaire un peu ennuyeuse qu’on croirait avoir été inventée par des grammairiens en mal de reconnaissance pour la langue française (je pense, par exemple, à l’accord du participe passé), qui a fâché des générations d’élèves, mais celle, plus subtile, que l’esprit humain a construit au fil des générations (on parle, en jargon linguistique, de « diachronie ») et qui a transformé profondement la langue. C’est ainsi que le français est devenu la langue qu’on connaît aujourd’hui, très differente du latin, surtout du point de vue de sa structure. Ce qui me fascine toujours, c’est de savoir que ces transformations sont faites par l’esprit humain, qui travaille de façon inconsciente sur ces structures.
C’est ce que cette affichette m’a rappelé. Ainsi, dans la même phrase, on a deux fois le mot « nuit ». Le premier, précédé de l’article « la » est un nom qui signifie « les heures où il fait noir ». Le deuxième « nuit » est un verbe qui signifie « faire du tort ». Deux contenants semblables et deux signfications fort différentes. Quelle beauté que la grammaire ! (Merci Montréal)
My poetic journey through words and image/ Mon journal poetique a travers les mots et les images