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Je ne suis plus les nouvelles internationales, je les trouve trop déprimantes et, dans certains cas, insupportables et inacceptables. Même les nouvelles nationales et régionales d’un petit pays comme la Nouvelle-Zélande ne sont pas au beau fixe. L’économie et la crise du coût de la vie, comme on l’appelle ici font la une des medias quotidiennement. Pas un jour ne passe sans qu’un article n’apparaisse quelque part au sujet du prix du beurre, près de dix dollars (NZ) la livre, dans un pays qui en produit tellement qu’il en exporte des tonnes et des tonnes. Cela ne passe pas inaperçu chez les gens dits « ordinaires » qui doivent subir en plus du prix inabordable des produits laitiers l’outrage de la pollution par les nitrites (gracieuseté du pipi de vache), sans en récolter les bénéfices. Je n’en souffre pas personnellement mais je sens la mauvaise humeur en ville et un grand ras-le-bol qui n’en finit plus de déborder. La bonne nouvelle est que la Commission européenne a validé le kiwi (le fruit) pour la santé intestinale. Cela a bien sûr fait la une et les producteurs sont très heureux de cette décision. Quant aux consommateurs néo-zélandais, ils espèrent que l’histoire de l’agneau (l’agneau néo-zélandais vendu outre-mer est meilleur et moins cher que ce qui est accesible ici) ne se répétera pas pour le kiwi.
L’hiver est froid ou pluvieux à Nelson cette année : 2 degrés la nuit, 12 degrés le jour, lorsqu’il fait soleil. Ou alors il fait plus chaud mais il pleut plusieurs jours de suite, ce qui est assez rare dans ce coin du monde, habituellement. Ma passion pour la natation en eau froide en a pris pour son rhume. Je n’ai pas pu nager pendant trois semaines en raison de la pluie, ensuite en raison de la contamination de l’eau, ou bien de la route bloquée par des glissements de terrain. Lorsque j’ai repris ma routine, l’eau était à 11 degrés (c’est tout de même un degré de moins que les bains d’eau froide des cyclistes du Tour de France) , un degré plus élevé que l’an dernier à la même époque, mais l’expérience paraissait plus froide parce que l’air ambient se situait autour de 8 ou 9 degrés en matinée, alors que l’an dernier, l’eau à 10 degrés me paraissait plus confortable parce que je sentais toujours la chaleur du soleil à 12 ou 13 degrés. Tous ces changements sont dus, selon les experts, à la nina et aux changements climatiques en general. En fait j’en suis à ma quatrième année de baignade hivernale et aucun hiver n’a été le même. Je me demande bien ce que me réserve l’hiver prochain.
Nouvelles ordinaires. En Janvier 2025, j’ai voulu mettre toutes mes photos sur l’ordi pour procéder à leur classement. Après en avoir mises environ 22,000, mon appli refusait d’en ajouter davantage et c’est là que je me suis rendu compte que je devais faire quelque chose et que j’ai donc entrepris (en effaçant une photo à la fois). Il ne me reste plus que 8,000 photos à reviser, après quoi j’ajouterai les 7 ou 8,000 qu’il me reste sur usb, pour ensuite classer enfin chaque photo dans l’album qui lui appartient. Je ne conseille le laisser-faire dont j’ai fait preuve à personne, mais il y a eu de bons moments, entre autres choses, je me suis rendu compte que je dois laisser les photos tranquilles pendant quelque temps avant de les effacer (pas pendant dix ans comme je l’ai fait), que prendre une photo fait en sorte que je me souviens souvent mieux d’un moment ou d’un lieu et que mes goûts et mon approche de la photo ont évolué avec le temps. Mais avec tout ce travail signifie aussi que j’ai pris très peu de photos cette année et j’ai hâte de m’y remettre.
Côté temperature, l’hiver est bien installé à Nelson avec des temperatures de 1 degré la nuit et de 13 le jour (mais il fait 7 ou 8 le matin lorsque je vais faire ma promenade). Le pic des montagnes est tout blanc mais le soleil est radieux. Il est agréable de marcher rapidement et d’avoir un peu chaud en fin de marche.
L’automne est officiellement arrivé en Nouvelle-Zélande depuis quelque semaines déjà. Les feuilles changent subtilement de couleur, mais il fait toujours beau et chaud, même si les nuits sont fraiches. Si d’une part je profite de l’abondance des fruits et légumes de l’automne, l’arrivée des méduses et des raies pastenagues a fait diminuer mon enthousiasme pour les baignades, de même que la temperature de l’eau de mer, toujours à trois ou quatre degrés au-dessus des normales de la saison (21 degrés en ce moment). Du coup, mes baignades ne produisent plus l’afflux d’endorphines de mes baignades à 10 degrés. Ailleurs en ville, le festival italien d’une seule journée nous rappelle que la communauté italienne est implantée à Nelson depuis de nombreuses générations. Fromages, pizzas, Ducati, Alpha Romeo, Babagetto, Vivio, Gelato roma et compagnie se sont réunis un beau dimanche ensoleillé pour le plus grand plaisir de la foule dense et de bonne humeur malgré la chaleur.
Photo : Wainui Bay, des poteaux électriques un peu tristes qui semblent abandonnés ( il faut bien regarder pour les voir)
Pourtant je me suis imaginée vivre là, pendant quelques minutes, avec ces poteaux comme un cimetière de notre civilisation, et quelques cabanes délabrées. Il faut dire que le silence y était d’une qualité exceptionnelle.
*le titre de cette rubrique est inspiré par Emily Dickinson :
« The simple news that nature told »
My poetic journey through words and image/ Mon journal poetique a travers les mots et les images