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Photo : Labyrinth Rocks, Pohara, un vrai labyrinthe, de vrais rochers striés et taillés de différentes façons par la nature, un vrai labyrinthe.
La lentille de mon appareil photo m’a appris qu’une scène que je regarde varie grandement selon l’angle sous lequel on saisit le cliché. Le fait que la scène est rétrécie (ou encadrée) par la lentille fait en sorte que la variation est plus prononcée. Mais ce que la lentille de l’appareil me dit surtout, c’est que c’est la même chose avec la vie. Les angles d’observation sont multiples et font voir un même événement de multiples façons.
photo : au retour de Wharariki beach, un sentiment de côte ouest, et des marées !
Pendant une grande partie de ma vie, mon corps et mon esprit ont mené des vies parallèles : c’était mon esprit qui menait le jeu (non, je ne suis pas obligée de dormir toutes ces heures, je suis fatiguée mais ça ne fait rien, bien sûr que je peux en faire un peu plus, etc.). J’ai eu des signaux d’alerte que je rejetais du revers de la main, jusqu’au jour où mon corps s’est révolté. Depuis nous essayons de vivre ensemble tous les deux, la symbiose n’est pas toujours facile mais lorsque cela arrive, je me demande pourquoi j’ai cru pouvoir négliger toute cette partie de moi-même pendant aussi longtemps ( on est presque devenus des amis maintenant).
photo : rivière Matai, Sunday hole, où je vais parfois me baigner lorsque la qualité de l’eau le permet, à chaque fois, une expérience vivifiante à chaque fois.
J’ai subi pendant longtemps la lourdeur d’événements et de décisions passés, puis je me suis rendu compte que si le passé ne peut être transformé, changer l’angle du discours l’entourant peut l’alléger considérablement.
Photo : Marahau (jardins venteux), à marée haute, ce marais est submergé. A marée basse, un petit courant d’eau se fraie un chemin dans les herbes folles pour aller rejoindre la mère.
Lorsque j’ai vu ce courant d’eau se frayant un chemin tortueux parmi les herbes folles, je me suis tout de suite dit que cela ressemblait à ma vie, qui n’a jamais suivi de ligne droite, a souvent été submergée, mais a continué de faire son chemin en direction de la mer.
*comme toujours, inspiré du travail d’Edouard Levé
J’ai acheté ces trois carnets dans les charity shops de Nelson. Le plus petit est toujours dans mon sac. Il est idéal pour le voyage. Il y a de tout dans celui-ci : les instructions pour les airbnb, les numéros de téléphone, de vols et de la poésie. Le second est surtout utilisé pour la poésie, interrompue par des notes, de nouveaux auteurs à explorer, des références de bibliothèques. Le plus grand est mon journal. Je l’ai intitulé « Le journal de l’ombre ». J’y écris frénétiquement dans certaines périodes, puis plus rien pendant des semaines ou des mois.
*inspiré d’Edouard Levé
My poetic journey through words and image/ Mon journal poetique a travers les mots et les images