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Les mots

 

Les mots

Au centre d’Athènes se trouve l’arrêt de métro Syntagma, qui signifie constitution en grec. A l’origine, c’est  une démonstration dirigée par un général grec au Palais Royal (devenu depuis le Parlement) en 1843,  exigeant une constitution pour le pays qui a donné son nom à cet arrêt de métro.  En français, cependant, « syntagme » est un terme grammatical qui signifie groupe de mots. Il faut donc remonter dans l’étymologie pour voir le lien entre les deux significations.    En grec, le « syntagme » signifie chose rangée, composition, doctrine, organisation, ranger ensemble,  et le lien entre les deux mots devient ainsi transparent. Et pour la linguiste que je suis, passer tous les jours devant l’arrêt Syntagma est un petit moment de bonheur grammatical.

Acropole

 

IMG_1124.JPGL’Acropole  était sur ma liste des endroits à voir depuis  très longtemps. Le danger d’être  déçue était donc d’autant plus grand. Il y a cependant des endroits qui sont plus grands que nature et l’Acropole est l’un de ceux-là. Le site, qui domine la ville, a tout pour impressionner malgré l’inévitable érosion que le temps  a fait subir à ses constructions majestueuses. Le moment fut d’autant plus émouvant que les valeurs démocratiques fondées en ce lieu semblent battre de plus en plus de l’aile.

Pour la grammairienne que je suis, l’émotion venait également du fait que  la Grèce ancienne est également le lieu de naissance de la grammaire occidentale. C’était l’époque où les philosophes s’interrogeaient sur la faculté du langage, réfléchissaient aux parties du discours, et où le nom représentait la substance, au lieu d’être un GN, et  de devenir une matière  mortellement ennuyeuse pour des générations d’écoliers qui ne se sont jamais réconciliés avec ses « règles ».

Bref, cela valait la peine d’attendre !

Un jour sur l’ile d’Hydra

 

 

img_0938img_1034img_1013img_1028img_1080A deux heures trente d’Athènes, en ferry, l’île d’Hydra, alors que Leonard Cohen vient de sortir un nouvel album et que l’on rappelle qu’il  a écrit sur cette île quelques-uns de ses plus grands succès, dont Marianne, dont l’inspiration est décédée l’été dernier d’un cancer. J’ai l’impression d’arriver dans une chanson de Leonard Cohen. L’île a sans aucun doute changé depuis l’époque, mais le fait que les voitures y sont interdites fait en sorte que l’île a conservé un calme et une sérénité (du moins à cette époque de l’année) qui n’existent peut-être plus autant ailleurs. On remarque tout de suite les ânes, indispensables compagnons sur une île sans voiture, ainsi que les chats, qui dorment un peu partout, là où il y a du soleil et qui semblent avoir un statut particulier sur l’île. Les pêcheurs leur jettent du poisson et l’on trouve un peu partout de la nourriture qui leur est laissée.

Puis la beauté de l’île, les petites plages où de nombreux baigneurs sont déjà. En montant un peu plus haut je découvre un petit port tranquille. Mais c’est l’absence de voiture qui je crois donne une ambiance presque surréelle a cette petite île. Pas de bruit de voiture, pas de porte qui claque, pas de conducteur impatient. Une journée au paradis. Ce n’est que quelques heures plus tard que je me rends compte de toute la logistique que signifie une telle décision des insulaires : je vois passer des hommes transportant d’immenses charges d’eau en bouteille et j’imagine le travail que doit constituer l’approvisionnement des restaurants et des petits marchés. J’admire néanmoins la décision des habitants. J’ai fait une erreur en ne venant que pour la journée. Si c’était à refaire, je resterais quelques jours de plus.