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Impression de lecture en vrac

Cervantes : Don Quichotte (livre d’occasion, 5 livres sterling).  J’ai  tellement aimé les cent cinquante pages que j’ai lu, que je me suis arrêtée là, car j’avais l’impression de ne pas arriver à saisir toute la beauté de la langue en anglais (je saisis moins bien les subtilités de la langue en anglais) et j’ai pris la décision d’attendre de pouvoir le lire en français (mon espagnol n’est pas à la hauteur). J’y ai entre autre  trouvé  un passage sur la beauté qui n’a aucunement vieilli et pourrait être utilisé à bon escient dans les classes de philosophie d’aujourd’hui et susciterait  d’intéressants débats.

Elena Ferrante : j’ai lu deux livres (de la bibliothèque, dont j’ai oublié le titre) de cette Italienne  qui a connu un  succès mondial  sans  révéler son identité véritable. Dans une société où le culte de la personnalité atteint des sommets, je trouve cette prise de position intéressante. Qu’elle ait cependant  récemment offert des indices au sujet  de ses origines (fille de couturière napolitaine), alors que son identité véritable, qui  a par la suite  été découverte ne correspond nullement à ce qu’elle a insinué en entretien m’a déçue et lui enlève, à mes yeux, un peu de sa crédibilité. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas réussi à aimer les deux livres parlant de la vie des femmes napolitaines que j’ai lus (j’ai lu le deuxième en me disant que le premier n’était peut-être pas le meilleur). Mais ses livres se lisent facilement et rapidement et j’ai donc rapporté L’amica geniale de mon voyage  à Naples dans le but de pratiquer mon italien. Qui sait ? Lire l’histoire dans la langue originale me fera peut-être changer d’avis, et que le fait d’être passée à Naples me fera voir les choses de façon différente.

Michel Houellebecq : J’ai  trouvé une édition bilingue de sa poésie, Unreconciled, et je préfère sa poésie, qui me semble plus authentique,  à sa prose. Quelques moments de presque sérénité, mais dans l’ensemble, très noir,  donc à ne pas lire si on traverse un mauvais moment. Poésie d’un homme qui ne s’est réconcilié ni avec lui-même, ni avec le monde, ni avec l’univers. Cela m’a rappelé  que j’ai lu Soumission (librairie) publié en 2015 après sa sortie. J’ai aimé les trente premières pages, puis après, je n’y arrivais plus. J’avais pourtant aimé Les Particules élémentaires, en dépit de son extrême pessimisme. Mais même si j’ai lu la plupart des livres suivants, je les ai peu ou pas aimés. Je dois cependant admettre qu’avec un peu plus de recul, le thème de Soumission, soit le déclin des élites et  leur propension à se compromettre est d’actualité. On l’accuse d’être misogyne, mais il répond à cela que sa description des hommes n’est sûrement pas plus flatteuse. Vu, sous cet angle….

L’inquisition dans la bibliotheque

 

Oh, monsieur, s’écria la nièce, votre sainteté  devrait les  [les livres] brûler comme les autres. Car une fois guéri de sa maladie chevaleresque, il risque de lire ces livres et de vouloir devenir berger, errer dans les bois et les champs, chanter, jouer du pipeau ou, pire encore, devenir poète,  et cette maladie est incurable et contagieuse, dit-on.

 

Traduit de l’anglais, Cervantes, Miguel de, Don Quixote, traduit (en anglais) par J.M. Cohen, 1950, p. 61