Les tables abandonnées
dans le parc dénudé
crispées, dans le petit
matin qui
baille de froid
en regrettant l’été
et les soirées
des doux mois
Je n’ai pas la fibre religieuse développée bien que j’aie grandi dans la culture catholique. J’ai cependant conservé une certaine affection pour les églises. J’aime la manière dont les communautés s’organisent autour d’elles, ainsi que la variété de leur manifestation : parfois imposantes, jusqu’à l’écrasement, parfois majestueuses ou bien toutes simples. Je les préfère petites, en pierre ou en bois. Elles invitent au silence, au recueillement. Je peux difficilement résister à la tentation d’y entrer, lorsque j’en trouve une sur ma route. Il m’arrive même d’y allumer des lampions, pour le seul plaisir de voir les flammes dans les petits pots de verre de différentes couleurs. Dommage que de nos jours, je me heurte presque toujours à une porte verouillée. Il me semble qu’en fermant leurs portes, les églises privent les communautés de moments de solitude et de recueillement qui feraient du bien à tous, quelles que soient leurs tendances religieuses ou autres.
Sur les routes de Nouvelle-Zélande, comme dans de nombreux autres pays, on peut arrêter sa voiture au bord de la route, pour acheter des légumes, des fruits ou des fleurs. Ce que je n’ai jamais vu ailleurs (sauf en Grande-Bretagne où j’ai pu observer une version « livre » de ce phénomène) : il n’y a personne au comptoir. Seulement une indication du prix et ce que l’on appelle ici une « honesty box » dans laquelle on mettra l’argent demandé. La version plus près de chez moi est ce petit pot de verre, où j’adore mettre deux dollars, avant de prendre possession de mes dix citrons.