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Les mots (14)

lanuit

J’aime la grammaire, autant que les mots. Pas nécessairement la grammaire un peu ennuyeuse qu’on croirait avoir été inventée par des grammairiens en mal de reconnaissance pour la langue française (je pense, par exemple, à l’accord du participe passé), qui a fâché des générations d’élèves, mais celle, plus subtile, que l’esprit humain a construit au fil des générations (on parle, en jargon linguistique, de « diachronie ») et qui a transformé profondement la langue. C’est ainsi que le français est devenu la langue qu’on connaît aujourd’hui, très differente du latin, surtout du point de vue de sa structure. Ce qui me fascine toujours, c’est de savoir que ces transformations sont faites par l’esprit humain, qui travaille de façon inconsciente sur ces structures.

C’est ce que cette affichette m’a rappelé. Ainsi, dans la même phrase, on a deux fois le mot « nuit ». Le premier, précédé de l’article « la » est un nom qui signifie « les heures où il fait noir ». Le deuxième « nuit » est un verbe qui signifie « faire du tort ». Deux contenants semblables et deux signfications fort différentes. Quelle beauté que la grammaire ! (Merci Montréal)

Saint-Houblon (priez pour nous)

sainthoublonEn regardant par hasard au-dessus des toits, j’ai cru qu’il s’agissait d’un signe. J’ai essayé d’imaginer l’inspiration, sans doute divine, qui avait jadis conduit ce saint à macérer le houblon jusqu’à en tirer le liquide qui ferait, pour les siècles à venir, la joie des fans de rugby, de hockey ou de football, avant de conquérir les buveurs de vin grâce à des recettes artisanales. Où était-il né (en Belgique? En Allemagne?) me demandais-je, ce saint oublié de tous, au profit de son invention.  En allant au petit pub du même nom, j’espérais être accueillie par la petite histoire de Saint-Houblon, qui me ravirait sans doute. Le petit pub est bien sympa, mais point d’histoire et  je ressens un vide, maintenant que j’ai imaginé ce saint qui n’existe pas (à moins qu’un lecteur soit au courant de quelque chose que j’ignore).