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What I have read : Virginie Despentes

 Vernon Subutex
I have not read a lot in the last few months as  I’m finishing The Grey Country, my novel about language and identity and I do not have a lot of  time, but I wanted to go back to a book (actually two) from Virginie Despentes  I read last autumn.


Virginie Despentes made her debut as a writer with Fuck me , a book I did not read,  but saw its film version in Christchurch at the Film Festival many years ago (but I left before the end). This book tells the story of a girl raped by three men and her revenge (mostly). Virginie Despentes herself was a victim of rape in her youth (but instead of feeling victim, she  rather felt anger). She has been a prostitute for a while, was  a porn film reviewer, and identifies as a lesbian and a feminist.


Vernon Subutex (spoilers alert !!) was released in 2015 as a  part of a trilogy. I read the first volume in English (a good translation) and the second in French. This is the story of a record store owner who  becomes homeless (volume 1) then guru (more or less, in volume 2), as well as the story of  people around him. I wanted to read the first volume, because it was  talked a lot when it came out and polarised opinions.


In French,  reviewers  who liked the book focused on  her  style (which is sometimes compared to that of Balzac) and the authenticity of the voices. I quite agree with these critics. I rather liked reading the first volume. The pace is sharp and the characters compelling (except the final delirium of Vernon Subutex). I enjoyed it  enough to continue reading the second volume, where the density is lost, the characters are less convincing,  and the story drags. The episode of the girl who « tattoos » the man  she believes to be responsible for the death of her mother is a little too much like the scene from The Girl with a golden tatoo to convince me.

Those who did not like the book  found the thread of the story a little thin (I quite agree with them, but that was not the goal of Despentes, I think) and did not like the characters animated by hatred and power struggles (and I quite agree with them too), which is true but probably corresponds to a certain humanity, probably far from ideal but perhaps a more realistic one. English language reviewers seemed to  like it more, perhaps because, for once, they are presented with something other than the Parisian intelligentsia and a France, which perhaps corresponds more to the one they know. And perhaps for the same reason,   some Parisian intelligentsia did not like Despentes’s book. Or it depicts human beings who are rather ordinary, from the point of view of their character, who may look a little too much like we are : not always noble, sometimes mean, etc. This is probably not the book to read for those who need to regain confidence in humanity. The Irish Times particularly liked Vernon Subutex 1 and even goes so far as to say that Despentes leaves Houellebecq far behind, quite a compliment, given his international prestige. As for me, the second volume disappointed me enough not to make me want to read the third right now, but I may  come back to it one day or the other.

Impressions de lecture : Virginie Despentes

Vernon Subutex (Virginie Despentes)Je ne lis pas beaucoup depuis plusieurs mois, car je suis en train de terminer Le Pays gris, mon roman sur la langue et l’identité et le temps me manque, mais j’avais envie de revenir sur un livre (en fait deux) de Virginie Despentes, que j’ai lu l’automne dernier.

Virginie Despentes a fait ses débuts d’écrivaine  avec Baise-moi, un livre que je n’ai pas lu mais dont j’ai vu la version au cinéma, à Christchurch, au Festival du film, il y a de nombreuses années (mais je suis sortie avant la fin). Ce livre raconte l’histoire d’une jeune fille violée par trois hommes et sa vengeance (surtout). Virginie Despentes elle-même a été victime de viol dans sa jeunesse (mais au lieu de se sentir victime, elle a plutôt ressenti de la colère). Elle s’est prostituée pendant quelque temps, fait de la critique de films pornos et s’identifie comme lesbienne et féministe.

Vernon Subutex (attention, il y a des éléments de l’histoire dans cette critique) est sorti en 2015 (traduit en anglais) et fait partie d’une trilogie. J’ai lu le premier tome en anglais (une bonne traduction me semble-t-il)  et le second en français.  Il s’agit de l’histoire d’un disquaire qui  devient SDF  (tome 1) puis guru (plus ou moins, dans le tome 2), ainsi que des gens qui l’entourent. J’ai eu envie de lire le premier tome de Vernon Subutex, parce qu’on en parlait beaucoup et que Virginie Despentes polarise en France.

Dans les critiques françaises qui ont aimé, on souligne  son style (qu’on compare parfois à celui de Balzac) et l’authenticité des voix. Je suis assez d’accord avec ces critiques. J’ai plutôt  aimé la lecture du premier tome. Le rythme est vif et les personnages convaincants (sauf le délire final de Vernon Subutex). J’ai suffisamment aimé pour poursuivre avec la lecture du deuxième tome, où la densité se perd, les personnages sont moins convaincants, l’histoire traîne. L’épisode de la jeune fille qui « tatoue » celui qu’elle croit être responsable de la mort de sa mère ressemble un peu trop à la scène de The Girl with a golden tatoo pour me convaincre. Ceux qui n’ont pas aimé trouvait le fil de l’histoire un peu mince (je suis assez d’accord avec eux, mais là n’était pas la cible de Despentes, je crois) et n’aimaient pas  les personnages  animés par la haine et les luttes de pouvoir (et je suis assez d’accord avec eux également), ce qui est vrai mais correspond sans doute à une certaine humanité, sans doute loin d’être idéale mais peut-être davantage réaliste.  Les critiques de langue anglaise ont aimé  davantage,  peut-être parce  que pour une fois, on leur présente  autre chose que l’intelligentsia parisienne et une  France, qui correspond peut-être davantage à celle qu’ils connaissent . Et c’est peut-etre pour la même raison qu’une certaine intelligentsia parisienne n’a pas aimé le livre de Despentes. Peut-être aussi parce qu’elle y dépeint  des êtres humains plutôt ordinaires, du point de vue du caractère,  qui nous ressemblent peut-être un peu trop. Ce n’est sans doute pas le livre à lire pour ceux qui ont besoin de retrouver confiance dans l’humanité.  Le Irish Times a particulièrement aimé Vernon Subutex 1 et va même jusqu’à affirmer que Despentes  laisse Houellebecq loin derrière elle, ce qui est tout de même quelque chose, étant donné le prestige international de cet auteur.  Quant à moi, le  second tome m’a suffisamment déçue pour ne pas me donner envie de lire le troisième tout de suite, mais j´y reviendrai peut-être un jour ou l´autre.