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#4068 ce que j’ai lu : Deborah Levy
photo : aller à la rencontre de la beauté sur la plage de Pohara, 560 habitants.
Deborah Levy. Etat des lieux, publié en anglais en 2021. Le troisième volume de la trilogie de sa biographie en mouvement (ou living autobiography, en anglais ; j’ai parlé du premier ailleurs, mais pas du deuxième parce qu’il n’est pas à la bibliothèque). Elle dresse l’état des lieux de sa vie à l’aube de la soixantaine, alors que ses filles s’apprêtent à quitter l’appartement londonien. Le titre en anglais met l’accent sur une autre partie du livre : Real estate, car elle y parle aussi de la maison de ses rêves. Elle se demande ce qu’est un foyer, pourquoi, alors qu’elle est une autrice reconnue, traduite en plusieurs langues , elle ne possède toujours pas de maison, ce qu’elle voudrait y trouver, où elle la voudrait, etcetera, et c’était ce qui m’intriguait dans ce livre, car il s’agit d’un thème rarement abordé. En fait, il s’agit autant et peut-être même davantage d’une rêverie à voix haute que d’une biographie. Un critique a dit ailleurs que personne, mieux que Levy ne sait parler du quotidien, essentiellement féminin, et qu’à ce titre elle décrit ce que signifie être une femme. Le livre est majoritairement un recueil de ses pensées sur ses rencontres, des objets qui font partie de sa vie (des chaussures, entre autres), des observations sur des inconnus ou des voisins, ses amis, certains détails de sa vie quotidienne, ses souvenirs d’enfance, sa mère et, ultimement la condition féminine. Tout réside dans la beaute de son écriture mentionnée par tous les critiques, mais le titre en anglais me promettait autre chose et j’ai décroché en raison des attentes que j’avais. Le titre en français colle beaucoup mieux à ce qu’elle raconte dans ce livre un peu loin de l’idée de biographie que je me faisais.
J’ai ensuite tenté la lecture d’un de ses romans, August Blue, mais j’ai tout de suite pris le thème en grippe après et j’ai laissé tomber. Je tenterai peut-être plus tard, The man who saw everything, qui lui a valu d’être mise en nomination pour le Booker. Et j’espère que la bibliothèque fera bientôt venir le second livre de la trilogie, qui m’intéressera peut-être davantage.
#4022What I have read : Deborah Levy
But before I get to Levy, a few other books I have read in the last few months
David Lodge: Paradise News (1991), bought at last year's Nelson second-hand book fair. The back cover presents the book to us with a reflection on the notion of paradise, a description that is quite accurate. I know the author for his books on academia and he always makes me laugh or smile. Even in this book, which takes place a long way from the academic world (Hawaii, in this case), he manages to infiltrate an academic who reflects on mass tourism and its evils. I liked the book even if the last part is a bit lost.
Isabelle Allende: Violeta (2022), offered by LG. A book that examines the life of a centenarian, Violeta Del Valle, born in 1920. It begins with the description of the Spanish flu and one really wonders if it is 1920 or 2020. It then guides the reader in the intricacies of the story of a woman, her emotions and her country, wealth, poverty, the loss of loved ones and love. I liked the book, but now I don't know if I want to read any more. Not for the moment.
John Banville: The lock-up (2023), courtesy of LG. This book is part of the Detective Benjamin Black series, which Banville first wrote under a pen name, before reverting to his own. I had read April in Spain (the previous one, published in 2021), but his most recent one is more successful in my opinion. For lovers of detective stories seasoned with the best Banville has to offer.
As for Deborah Levy's book, What I don't want to know 2018 (borrowed from Nelson's library, now 70% open!), it is the first volume of an autobiographical trilogy by the author from South Africa living in Britain since the age of nine. She wrote this book to answer the question about why she writes. It was during a trip to Mallorca that she seems to have found the answer to this question. As soon as she arrived, she started remembering her childhood in South Africa, her father imprisoned for three years because he supported the ANC, which forced the family to emigrate to Britain when he was released from prison, after he was no longer able work. I appreciated her beautiful writing more inspiring when she leaves the facts behind, and found the beginning and the end particularly powerful. I still want to read the following two books of the trilogy and maybe some of her fiction as well. The following sentence touched me deeply: "The way we are wired to kill. Ourselves”.
#4022 Ce que j’ai lu : Deborah Levy
Mais d’abord quelques livres dont je n’ai pas trouvé de traduction en français
David Lodge : Paradise News (1991), acheté à la foire du livre d’occasion de Nelson de l’an dernier. La quatrième de couverture nous présente le livre une réflexion sur la notion de paradis, une description qui est assez juste. Je connais l’auteur pour ses livres sur le monde universitaire et il me fait toujours rire ou sourire. Même dans ce livre qui se passe à des lieues du monde universitaire (Hawaï, en l’occurrence), il réussit à infiltrer un universitaire qui réfléchit au tourisme de masse et à ses maux. J’ai aimé le livre même si la dernière partie se perd un peu.
Isabelle Allende : Violeta (2022), offert LG. Un livre qui examine la vie d’une centenaire, Violeta Del Valle, née en 1920. Elle commence avec la description de la grippe espagnole et l’on se demande vraiment si l’on est en 1920 ou en 2020. Elle guide ensuite le lecteur dans les méandres de l’histoire d’une femme, de ses émotions et de son pays, la richesse, la pauvreté, la perte d’êtres chers et l’amour. J’ai aimé le livre, mais maintenant je ne sais plus si j’ai envie d’en lire d’autres. Pas pour le moment.
John Banville : The lock-up (2023), offert par LG. Ce livre fait partie de la série du détective Benjamin Black, que Banville a d’abord écrit sous un nom de plume, avant de revenir à son propre nom. J’avais lu April in Spain (le précédent, publié en 2021), mais son plus récent est plus réussi à mon avis. Pour les amateurs d’histoires de détective assaisonnées de ce que Banville a de mieux à offrir.
Quant au livre de Deborah Levy, Ce que je ne veux pas savoir, 2018 (emprunté à la bibliothèque de Nelson, maintenant ouverte à 70%!) il s’agit du premier tome d’une trilogie autobiographique de l’auteure originaire d’Afrique du Sud vivant en Grande-Bretagne depuis l’âge de neuf ans. Elle a écrit ce livre pour répondre à la question de savoir pourquoi elle écrit. C’est lors d’un voyage à Mallorca qu’elle se penche sur la réponse à cette question. Aussitôt arrivée, elle se souvient de son enfance en Afrique du Sud, de son père emprisonné pendant trois ans parce qu’il appuyait l’ANC ayant forcé la famille à émigrer en Grande-Bretagne à sa sortie de prison, parce qu’il ne pouvait plus y travailler. Elle parle également de sa jeunesse en Grande-Bretagne.J’ai pris plus de plaisir à sa très belle écriture lorsqu’elle s’éloigne de son histoire proprement dite, mais le début et la fin sont particulièrement puissants et j’ai toujours envie de lire les deux livres suivants de la trilogie et peut-être aussi quelques-uns de ses ouvrages de fiction. Une phrase m’a profondément émue : « la façon dont nous sommes programmés pour nous tuer nous-mêmes », beaucoup plus puissante en anglais : « The way we are wired tu kill. Ourselves ». Son traducteur a peut-être trouvé une formule géniale pour provoquer le même impact en français, quant à moi je n’y suis pas arrivé