Archives par mot-clé : Nelson

#4212 selfportrait*

photo: reflections, Nelson, botanical gardens

During the pandemic, the worry of living on a small island at the other end of the world (where so many goods (or bads) arrive through the sea, while global transport was hindered, delayed, or canceled), triggered in me the unhealthy habit of stocking up on what I thought was important (coffee!!!). It was only at the end of 2025 that I told myself it was time to live more ‘dangerously’ and let the reserves diminish. A few months later, here we are, back to square one, and I wonder whether I should let go or fill my cupboards.

*still inspired by Edouard Levé

#4212 autoportrait*

photo: reflets, jardin botanique, Nelson

Pendant la pandémie, l’inquiétude de vivre sur une petite île à l’autre bout du monde, alors que le transport mondial était entravé, retardé ou annulé, a déclenché chez moi l’habitude malsaine de faire des réserves de ce qui me semblait important (comme le café !!!). Ce n’est qu’à la fin de 2025 que je me suis finalement convaincue qu’il était temps de vivre plus « dangereusement » et de laisser les réserves diminuer. Quelques mois plus tard, nous revoici à la case départ et je me demande si je dois laisser aller mes inquiétudes ou remplir mes armoires.

toujours inspiré par Edouard Levé

#4198 small stories

photo: botanical garden, Nelson, always a nice setting for solitary walks. But one must be wary of lone walkers, we tend to pity them, or think that loneliness must weigh on their shoulders, whereas voices multiply in their heads so much so that they struggle to hear themselves think.

Reason, measured and predictable like a metronome, lays its arguments on the table of my mind. It wants something solid, concrete, a path through the fog that will not collapse beneath my feet. Intuition is barefoot in the morning dew, touching the air, like an almost inaudible whisper, a shiver before the storm; it knows, in fact, it has always known. The voice of my dreams speaks a foreign language that I struggle to understand. As for the body… its silent authority speaks in tides tightening, relaxing, stirring, suffering. It remembers what I forget, stacks what I refuse to feel, it remains silent until it has had enough. The voice of society sometimes arrives with its thousand instructions on how to be or to shine. None of them is meant to rule, yet none wishes to disappear.

#4198 petites histoires

photo: jardin botanique, Nelson, un lieu toujours apprécié pour les promenades solitaires, mais il faut se méfier de ces marcheurs solitaires, on les plaint, on se dit que la solitude doit leur peser, alors que les voix se multiplient dans leur tête et qu’ils ont du mal à s’entendre réfléchir.

La raison, mesurée et prévisible comme un métronome, étale ses arguments sur la table de mon esprit. Elle veut du solide, du concret, un chemin à travers le brouillard qui ne s’effondrera pas sous mes pieds. L’intuition est pieds nus dans la rosée du matin, touche l’air, comme un murmure presque inaudible, un frisson avant la tempête ; elle sait, elle a même toujours su. La voix de mes rêves parle une langue étrangère, que j’ai peine à comprendre. Quant au corps… son autorité silencieuse parle en marées se resserrant, se relâchant, s’agitant, souffrant. Il se souvient de ce que j’oublie, empile de ce que je refuse de ressentir, il se tait jusqu’à ce qu’il en ait assez. La voix de la société débarque parfois avec ses mille instructions sur la manière d’être ou de briller. Aucune n’est destinée à régner, mais aucune ne veut disparaître.