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#4212 autoportrait*

photo: reflets, jardin botanique, Nelson

Pendant la pandémie, l’inquiétude de vivre sur une petite île à l’autre bout du monde, alors que le transport mondial était entravé, retardé ou annulé, a déclenché chez moi l’habitude malsaine de faire des réserves de ce qui me semblait important (comme le café !!!). Ce n’est qu’à la fin de 2025 que je me suis finalement convaincue qu’il était temps de vivre plus « dangereusement » et de laisser les réserves diminuer. Quelques mois plus tard, nous revoici à la case départ et je me demande si je dois laisser aller mes inquiétudes ou remplir mes armoires.

toujours inspiré par Edouard Levé

#4198 petites histoires

photo: jardin botanique, Nelson, un lieu toujours apprécié pour les promenades solitaires, mais il faut se méfier de ces marcheurs solitaires, on les plaint, on se dit que la solitude doit leur peser, alors que les voix se multiplient dans leur tête et qu’ils ont du mal à s’entendre réfléchir.

La raison, mesurée et prévisible comme un métronome, étale ses arguments sur la table de mon esprit. Elle veut du solide, du concret, un chemin à travers le brouillard qui ne s’effondrera pas sous mes pieds. L’intuition est pieds nus dans la rosée du matin, touche l’air, comme un murmure presque inaudible, un frisson avant la tempête ; elle sait, elle a même toujours su. La voix de mes rêves parle une langue étrangère, que j’ai peine à comprendre. Quant au corps… son autorité silencieuse parle en marées se resserrant, se relâchant, s’agitant, souffrant. Il se souvient de ce que j’oublie, empile de ce que je refuse de ressentir, il se tait jusqu’à ce qu’il en ait assez. La voix de la société débarque parfois avec ses mille instructions sur la manière d’être ou de briller. Aucune n’est destinée à régner, mais aucune ne veut disparaître.

Ensuite*

photo : Jardin botanique, Nelson

ensuite

jardin botanique, Nelson, aout 2021, Sylvie GE

Ensuite tu devras  t’asseoir

dans l’aire de repos

pour mieux  t’émouvoir

à la lettre o

te pâmer devant les mots

et refermer le tiroir

aux histoires

jusqu’à ce que  s’effritent tes os

*d’abord mis en ligne en août 2021, révisé en 2025

#4201 poesie

photo: de toute évidence, un échec technique, une tentative de prendre de jolis canards en photo, mais j’aime le rendu tout de même, le jeu de lumière et d’ombre doré,  l’enchevêtrement des branches donnant une impression de fouillis, un peu comme parfois dans la vie lorsque l’on se demande si l’on n’a jamais compris le mode d’emploi. 

nous allons parfois ensemble quelque part

nous nous croisons parfois sans nous voir ou

nous allons parfois dans la même direction sans le savoir