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Ortigia (Sicile)

 

 

img_0650img_0776IMG_0711.JPGIMG_0800.JPGOrtigia (liée à Siracusa par trois ponts)  est le cœur historique de Siracusa et j’avoue y avoir passé plus de temps qu’a Siracusa, en partie parce que j’y habitais et que j’avais moins d’énergie mais aussi parce que j’adorais l’atmosphère qui y régnait. J’habite chez Lynette, une Italienne d’adoption qui a quitté l’Afrique du Sud il y a plus de quarante ans. Elle a vécu à Florence pendant une trentaine d’années et est venue s’installer en Sicile après la mort de son mari, pour se rapprocher de la mer. Elle ne savait pas où en Sicile elle voulait vivre, mais aussitôt qu’elle a vu Ortigia, elle a su que c’était là qu’elle s’installerait. Je la comprends. Quel beau mélange d’histoire grecque et italienne, de splendeur architecturale et de beauté naturelle ! L’architecture baroque qui caractérise Siracusa et Ortigia est née de la reconstruction de la ville après le tremblement de terre qui a tout détruit en 1693. Les récents événements en Italie rappellent la longue histoire de l’Italie avec les désastres naturels. On y a trouvé les restes d’un temple grec dédié à Apollon, le seul ou rare exemple de colonnes grecques en une seule pièce. Sur la piazza Duomo, la cathédrale présente un extérieur de style baroque, mais une fois à l’intérieur, on y trouve les colonnes impressionnantes d’un ancien temple grec, dédié à Athena.

 

Il y a également un marché très vivant, mais lorsque je l’ai visité, mon appareil photo faisait des siennes et je n’ai pas pu prendre de photos. Il s’agit d’un marché authentique, rempli de légumes de la région, imparfaits et pleins de terre. J’ai ensuite réussi à prendre quelques photos en ville, mais ce n’est pas facile de saisir la majesté des édifices avec une seule lentille qui ne peut pas prendre de très grands angles. Il y a peu de touristes et les Siciliens se retrouvent après la sieste dans les nombreux cafés.Les soirées y sont très animées.

 

Lynette adore l’Italie mais elle a l’impression que le gouvernement délaisse cette partie du monde, ce qui explique entre autres l’état déplorable des transports publics. Elle se baigne tous les jours avec son chien Georges, un très beau basset qui a un mauvais tempérament.

Voyager lentement

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On m’avait prévenue de la non fiabilité des trains régionaux en Italie, mais puisque la décision d’utiliser les transports publics est inébranlable, je tente de prendre le train pour Siracusa.

Plan A : quitter Taormina-Giardini  à onze heures (l’agent de voyage a confirmé l’heure et imprimé le ticket), arriver à Siracusa vers 14heures, prendre le bus pour aller à Noto et revenir le samedi soir à Ortigia (tout près de Siracusa) en soirée pour faire un petit tour « en ville ». Le lendemain, aller à Raguzza et à Modica) et visiter Siracusa et Ortigia en profondeur la dernière journée.

 

Plan B : planifier de quitter Taormina-Giardini à onze heures mais ne quitter Taormina qu’à quatorze heures dix, pour des raisons que je ne suis pas arrivée à comprendre. Attendre le train sur la plateforme un comme le tableau l’indique, puis devoir courir vers la plateforme deux à la dernière minute, avec tous les autres passagers (et vice-versa pour les passagers de la plateforme deux) pour attraper le train qui arrivera à  Siracusa à seize heures trente. Enfin, si on doit attendre le train pendant des heures, la gare de Taormina-Giardini est idéale, c’est l’une des plus belles gares de trains que j’aie jamais vues, avec vue sur mer. A chaque fois qu’un train arrive, un passager ou deux est expulsé par trois gendarmes armés (toujours élégants). On pourrait croire que le passager expulsé sera couvert de honte, mais chaque expulsion est suivie d’une discussion mouvementée nourrie par le passager qui semble croire qu’il a tout à fait le droit d’être dans le train. Un autre passager hurle dans un téléphone (on sait après quelques minutes qu’il n’y a personne à l’autre bout du fil) en attendant son train, pendant une bonne heure.

Lynette est compréhensive et ne me reproche pas mon retard. Je suis tout de suite séduite par Ortigia. Le petit studio est tout à fait étrange, dans une  rue, où l’on entend tout ce qui se passe chez les voisins. Dans cette partie du monde, on n’a guère le choix de vivre sa vie plus ou moins en public. Quoi qu’il en soit, il est trop tard pour Noto. Lynette ajoute qu’il n’y a pas de bus le dimanche. Je suis déçue, mais je suis en faveur d’une journée de congé pour les travailleurs et je trouve sympa que la Sicile ne cède pas (pour le moment) aux attentes des touristes, mais cela signifie que Ortigia, qui devait servir de point de départ pour de nombreuses visites, ne remplira pas tout à fait son but. Pour comble de malheur, je suis plus ou moins paralysée le lendemain par un mauvais rhume (air climatisé dans le train vers Taormina) et je sors a peine. En fin de compte je ne verrai que Siracusa et Ortigia, mais j’ai adoré cette visite.

Taormina (Sicile)

 

img_0489img_0495Il y a un train qui va “directement” de Naples à Taormina ? Vraiment ? Je croyais, naïvement peut-être, que la Sicile était une île séparée du reste de l’Italie par la Méditerranée. Y a-t-il un pont, une voie ferrée secrète dont j’ignore l’existence ? Lorsque je demande au contrôleur si je dois changer de train en route, la réponse est catégorique : on va directement à Taormina. Pourtant, tous les messages officiels du train mentionnent Palerme et d’autres villes, mais jamais Taormina. Et le train va tout simplement aller sur le ferry qui va en Sicile. La première partie du voyage consiste donc à écouter le plus attentivement possible tous les messages et me demandant sérieusement si je vais y arriver. Puis je vois la mer, une attente d’une trentaine de minutes, puis le train s’engage résolument sur les rails du ferry et nous voilà donc en route pour la Sicile. Tous les passagers doivent descendre et je peux ainsi voir une certaine Italie disparaître tandis qu’une autre apparaît rapidement. Après une traversée d’une trentaine de minutes, le ferry et le train arrive à Messina. Les passagers remontent dans le train et nous arrivons bientôt à Taormina. Puis un saut dans un taxi pour arriver au airbnb de Taormina, tout près des portes de l’ancienne ville. La raison principale de cet arrêt est la proximité du Mont Etna. Malheureusement, lorsque j’arrive, le temps est pluvieux et l’on ne peut apercevoir le mont mythique. img_0551

Je me promène donc dans l’ancienne ville et, malgré le temps pluvieux, la ville un peu trop chic est tout de même magnifique. J’y trouve le début d’un mélange de cultures qui marque cette partie du monde : le monde romain et le monde grec. On  trouve de très belles mosaïques grecques disséminées dans la ville, un modeste théâtre romain et un magnifique théâtre grec, qui n’est pas dans un état remarquable. C’est surtout l’atmosphère qui y règne et la vue splendide de la mer qu’on y a dans les gradins supérieurs qui me coupent le souffle.

Au bord de la falaise, de très nombreux hôtels très chics qui rappellent étrangement la vision de l’Italie que l’on retrouve dans les films hollywoodiens des années cinquante et soixante. Les hôteliers ne manquent d’ailleurs pas d’énumérer les très longues listes de stars américaines  et d’écrivains célèbres qui y ont séjourné. Très jolie ville donc, mais pas tout à fait la Sicile que j’imagine. Cet arrêt, de toute façon est très bref, et comme je n’ai pas réussi à aller sur le Mont Etna, il est temps de remonter dans le train.

(Image 1 : mosaïque grecque, image 2 : tuiles peintes à la main, image 3 théâtre grec)

Quitter l’Italie ?

 

Ce que j’ai aimé : Meta, Luigi, Rosaria (la meilleure pizza), les cloches et les coqs qui scandent le temps, aller sur la falaise de Meta pour admirer la vue, Antonietta (la nonna la plus sympa). A Naples, j’ai aimé l’énergie de la ville qui débordait de partout, observer les étudiants de l’Université. A Pompei, me plonger dans la vie d’une ville de cette époque, me rappeler que l’art est un besoin viscéral de l’humanité (et peut-être la seule chose qui peut sauver l’humanité), entendre un petit air d’opéra. La vue depuis la route entre Sorrento et Amalfi. Voir des dauphins s’amuser à suivre un petit bateau depuis la route. Voir comment les Italiens semblent mettre constamment en scène des petits moments de la vie quotidienne : la dame qui proteste très fortement auprès du vendeur de tickets pendant de longues minutes, s’en va et puis revient, comme en rappel. L’élégance des gendarmes féminins (qui donne presque envie de devenir flic).

 

Ce que je n’ai pas aimé : quitter Meta, après une semaine, je m’y sentais déjà chez moi. Sorrento, beaucoup trop touristique. Capri : beaucoup trop de touristes également, même si je peux voir ce qui y a jadis attiré les gens. Je me retrouve dans la position inconfortable de la touriste qui comprend que les citoyens de Venise protestent en vue de se réapproprier leur ville. La nonna qui compte son argent derrière le comptoir et n’est pas très sympa avec sa petite fille qui fait tout le travail.

Je quitte l’Italie ou non ? Certains affirment qu’aller en Sicile, c’est aller dans un autre pays (c’est du moins l’opinion d’un copain italien de Nouvelle-Zelande). On verra bien.

Pompei

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J’ai failli ne pas aller à Pompei, après avoir regardé un docu tentant de faire revivre au public les derniers jours de la ville. Tellement ennuyeux que je redoutais de m’embêter. Heureusement qu’à la dernière minute, je me suis dit que j’étais si près que ce serait bête de ne pas y faire un saut. Au lieu de penser aux derniers jours de la ville, j’ai découvert la ville d’avant le volcan : une belle ville, de larges rues, des maisons d’une grande  beauté, un grand raffinement dans l’art de vivre.

Une joie de trouver dans le temple consacré à Isis, une citation d’Apulée, tirée des Métamorphoses, un texte que j’ai étudié dans mes cours de latin à l’université. Puis je songe à mes études, comme le temps passe,   vite, et toujours différemment de ce que l’on avait imaginé.

L’émotion de découvrir les théâtres, cet amour pérenne de l’humanité pour l’art et la beauté. Et puis une guide qui veut démontrer la qualité de l’acoustique en y allant d’un petit air d’opéra. Belle journée.