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#4032 ce que j’ai lu : J.M. Coetzee : Vers l’age d’homme

photo : Marahau, rien à voir avec J.M. Coetzee, mais cette jolie caille  de Californie bien nourrie et bien ronde me faisait de l’oeil. 

Coetzee, J.M. Vers l’âge d’homme, Editions du Seuil, Paris, traduit de l’anglais par Catherine Lauga du Plessis, 2003 (pour la traduction française)

Je mentionne en passant que je me suis convertie à la liseuse pour deux raisons : la première est que j’ai peu de place chez moi pour ranger les livres, que je dois  mettre en entrepôt, la seconde et peut-être la plus importante, c’est que j’ai  ainsi accès à des livres en français (faire venir des livres en NZ est trop coûteux. Je n’ai pas hésité  à lire  Coetzee en français, bien qu’il soit très clair et accessible dans sa langue d’origine.  Après avoir lu son autobiographie sur sa jeunesse en Afrique du Sud (Boyhood), j’avais envie d’en savoir davantage sur cet auteur Afrikaner, qui a gagné le Nobel de literature et le booker, entre autres  nombreux prix prestigieux et vit maintenant en Australie.J’ai trouvé fascinant de pouvoir observer, à travers ses mots, ce qui se passait dans la tête du jeune homme qui deviendrait un des grands auteurs de notre temps. Il ne s’agit en aucun cas d’une hagiographie. On rencontre plutôt un jeune homme qui veut d’abord et avant tout s’évader d’Afrique du Sud pour devenir poète, car il croit que son talent ne pourra s’épanouir qu’en allant vivre dans une  métropole telle que Londres ou Paris (il ne se sent pas suffisamment à l’aise avec le français pour aller à Paris), où  il pourra  acquérir l’expérience de la  vie  des artistes qu’il admire, essentielle pour devenir poète. Ces artistes qu’il adule ne se marient pas, ils ont de nombreuses muses, ils ne paient pas leur loyer, boivent et sont charismatiques, tout ce que le jeune Coetzee n’est pas. Il abhorre l’alcool, trouve immoral de ne pas payer ses dettes, il est très maladroit dans ses rapports sociaux au travail et  les femmes qu’il côtoie ne lui trouvent rien de particulier. Pour gagner sa vie et pouvoir rester à Londres, il doit travailler, et c’est chez IBM (et plus tard, dans une  société informatique britannique, en raison de ses compétences en mathématiques), complètement à l’opposé de ce qu’il rêve de devenir, qu’il commence son séjour londonien. Il est assez rapidement décu de constater que Londres n’accomplit pas la transformation poétique tant attendue.  Il quitte son premier travail mais est bientôt obligé de recommencer à travaillerdans le même domaine pour payer ses factures. Contre toute attente, Il se rend compte que l’Afrique du Sud qu’il a tant voulu fuir fait toujours partie de lui. Il fait une maîtrise en littérature sans grande conviction, il  a l’impression de n’aller nulle part et alors qu’il progresse vers la conclusion de ce chapitre de sa vie, il se demande s’il faut être mauvais garçon pour être artiste et si c’est le cas, vaut-il mieux être artiste et mauvais, ou quelqu’un de bien qui n’est pas un artiste? Tout ce questionnement est très révélateur de l’individu qu’on devine aisément, seulement en regardant des photos de lui, introverti et très peu sociable. Coetzee ne se ménage pas, ne tente aucunement d’embellir sa personnalité et on se doute même qu’il prend un malin plaisir à tracer un portrait pathétique de lui-même. La bonne nouvelle est que bien qu’il ne possède pas les qualités cliché associées aux artistes, et même s’il n’est pas devenu poète, il est devenu l’un des grands romanciers de son époque. Côté traduction, je me demande pourquoi on a traduit Youth par Vers l’âge d’homme et il m’est arrivé de me demander parfois à quoi correspondait la traduction française que je lisais, mais j’ai néanmoins savouré la version française.   Je me plongerai bientôt dans la troisième partie de son autobiographie, Summertime.

Potins litteraires.

jardin botanique, Nelson, printemps 2021, Sylvie GE

Potins littéraires. J’ai reçu deux livres en cadeau, d’abord le dernier John Banville, April in Spain, dans lequel le personnage de Quirke, faisant partie de la série de fiction détective écrite par Banville sous le nom d’emprunt Benjamin Black, revient avec une nouvelle aventure en Espagne.  Les critiques sont bonnes de manière générale la parution de ce livre a donné lieu à un entretien avec l’auteur plutôt avare d’apparitions publiques. Il a dit que les écrivains sont des monstres  s’emparant de tout ce qui les entoure pour écrire (assez d’accord avec cela), et il persiste et signe encore une fois, n’importe quoi pour un bon paragraphe ! Il vit dans sa bulle à l’écart des controverses et des louanges à son égard, amoureux du silence créé par la pandémie. L’autre livre, commandé, mais pas encore arrivé, le dernier Jonathan Franzen. J’avais beaucoup aimé Correction, mais n’avais plus rien lu de lui depuis. Lui aussi vit plus ou moins à l’écart du monde, vivement critiqué lorsqu’il avait refusé l’invitation d’Oprah Winfrey à son Book club (on le trouvait assez snob), qui lui aurait en fait rapporté beaucoup d’argent. Quant à moi, quelqu’un qui aime les oiseaux autant que lui ne peut-être entièrement mauvais. En ce moment je lis la plus récente parution de Patricia Lockwood, en nomination pour le Booker (j’ai obtenu le livre à la bibliothèque, un miracle en soi). Finalement, je n’ai aucune idée comment je suis tombée sur cette information à propos de Lionel Shriver, dont j’ai parlé à deux reprises sur ce blog (un livre critique du système de santé américain et un autre portant plus ou moins sur l’argent), que j’aime parfois, pour certaines raisons, et parfois pas du tout. En 2013, sa routine d’exercice était composée de 130 pompes, 500 sit-ups et de 3000 jumping jacks. C’est ainsi qu’elle a ruiné ses genoux entre autres choses. Je dois la remercier pour m’avoir fait voir ce qu’il ne faut pas faire.

bibliotheques de l’avenir (2)

printemps a Nelson, octobre 2020, Sylvie GE

Tout à fait par hasard, ce matin, je suis tombée sur un article de Newsroom (NZ) intitulé : « recherché : un politique qui osera stopper un scandale culturel ». Dans cet article on nous apprend qu’après s’être débarrassé de 60,000 livres, on va envoyer 70,000 livres, le 12 octobre au Lions club (j’aimerais beaucoup vivre å Wellington en ce moment). On fait un peu la même chose à la bibliothèque de Nelson. Près de la sortie, il y a toujours un bac contenant de vieux livres dont on est content de se débarrasser. Le hic, avec la décision de la librairie nationale, est que le bac destiné au Lions Club contient des livres de Marx, Mao, Shakespeare, Cervantes, Primo Levi, Virginia Woolf. En fait, la librairie nationale a l’intention de se débarrasser de 625,000 livres. Ah non ! attendez ! on ne va pas se débarrasser des livres, on va les « relocaliser » (« rehome »).