Archives de catégorie : auteurs

#4011 Alicia Stallings

Every four years, for the past three hundred years, Oxford has elected a new professor of poetry (by vote). This is the most prestigious academic position in this field, and it is a fifty-five-year-old American, Alicia Stallings, who has just won this election, the first person who does not come from the British Isles and the second woman (in three hundred years). She has lived in Greece for about twenty years. She is said in The Telegraph to be, of course, American and also a poet, but probably not an American poet. She herself feels alienated from what is happening on the American scene, in part because poetry lives there mainly in academia and in creative writing programs, while she herself earns her living by writing literary criticism and other texts as a freelance writer.

Another important detail, her poems rhyme, and this is considered by most American poetic magazines as too traditional and ancient, not worth of publishing, the same ones who probably, in the same breath, would swoon in front of Rimbaud or Verlaine.

I didn’t know this poet, and I don’t know if I’m going to like her poetry, but she definitely has the main trait I look for in it: simplicity. As for rhymes, they do not scare me, and I like to have fun with one form or another depending on the inspiration of the moment. A nice mockery of the poetry snobs, bravo Oxford! As for me, I’m off now to familiarise myself with her work.

the article in The Telegraph:  https://www.telegraph.co.uk/books/authors/a-e-stallings-oxford-poetry-professor-rhyme/

Ce que j’ai lu en vrac, Ishiguro, de Vigan, Mazzeo

Ce que j’ai lu en vrac, Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature (2017)  ainsi que du Booker (1989) pour Les vestiges du jour, que j’ai lu il y a quelques années et qui m’avait beaucoup impressionné. Lorsque j’ai vu Nocturnes (2011), au marché du livre d’occasion de Nelson, je me suis dit que j’aimerais peut-etre, même s’il s’agissait de cinq nouvelles, un genre que je n’apprécie habituellement pas beaucoup. Et ce qui m’avait emballé dans Les Vestiges du jour, la subtilité du propos, la délicatesse de l’écriture, m’a terriblement ennuyé dans ses nouvelles ayant pour thème commun la musique, une sorte de subtilité d’écriture sans profondeur, mais c’est peut-être tout simplement que je n’aime pas les nouvelles. Le critique du Sunday Times a en fait bien résumé ma pensée :

« Closing the book, it’s hard to recall much more than an atmosphere or an air; a few bars of music, half-heard, technically accomplished, quickly forgotten.

Peut-être que c’est ce qu’il a aimé du livre, alors que moi, c’est ce qui m’a ennuyée.

Delphine de Vigan. Rien ne s’oppose à la nuit (2011). Je suis  en retard sur les nouveautés, mais il coûte trop cher de faire venir des livres en français en Nouvelle-Zélande et je ne peux non plus me fier à Kindle ou à d’autres plateformes électroniques, qui ne permettent pas d’acheter des livres venant d’autres pays (je ne comprends pas du tout pourquoi). Je suis assez contente malgré tout d’avoir trouvé cinq ou six livres en français au marché du livres d’occasion de Nelson, dont celui-ci, d’une autrice dont j’avais déjà lu D’après une histoire vraie (2017), une sorte d’autofiction dont j’avais parlé dans le blog. Dans Rien ne s’oppose à la nuit, elle se penche sur la vie de sa mère, qui a souffert de maladie mentale, du silence de la famille, de son effet sur elle-meme et sa sœur, d’une manière authentique, où l’on sent toujours la tendresse. Beaucoup de questions, quelques réponses, bref, elle revisite d’une manière originale, le sujet sans fond du passé, de la famille, des origines et de la fiabilité de la mémoire.

The Hotel on Place Vendôme, de Mazzeo Tilar J. (2014). En gros, il s’agit plus ou moins de l’histoire  du Ritz, depuis la fin du dix-neuvième siècle, mais surtout de ses clients célèbres,  dont Proust, Hemingway, Coco Chanel, Marlene Dietrich, Ingmar Bergman, le duc et la duchesse de Windsor, Arletty, mais c’est également l’histoire de l’occupation allemande, des journalistes de guerre et de bien d’autres choses. L’autrice connaît bien son sujet et le contexte historique entourant des événements particuliers bien documentés. Une façon légère de comprendre l’histoire, un peu dommage que ce livre ne soit pas traduit en français.

Carl Jung

Nelson 2022, , chardon geant, Sylvie GE

Je ne tenterai pas de présenter Carl Jung, il y a d’excellents sites qui savent le faire de façon détaillée, et je ne suis pas particulièrement portée vers les citations, mais celle-ci, tirée de The Symbolic Life me semble tellement refléter ce que je cherche dans la poésie que je ne peux m’empêcher de la partager. Elle vient de la page Carl Jung, sur facebook, affilié au site : http://www.appliedjung.com traduction libre

En traduction libre :  » toute réponse sans équivoque, soi-disant « claire », reste toujours gravée dans la tête et pénètre rarement dans le cœur. Ce qu’il faut savoir, ce n’est pas connaître la vérité, mais en faire l’expérience »

ce que j’ai lu : Isabel Allende : Ines de mon ame

desert d’Atacama, 2018, Chili, Sylvie GE

Isabel Allende. Inès de mon âme, Fourth Estate, London and New York, 313 pages.

J’ai trouvé ce livre à la foire du livre d’occasion de Nelson l’année dernière. Il s’agit du premier livre d’Isabel Allende que je lis. Je ne m’attendais pas à grand-chose, mais j’ai été agréablement surprise par son talent à raconter cette histoire particulière. Il faudrait voir si ses autres livres sont tout aussi bien écrits. J’ai ressenti l’affection  réelle d’Allende pour Inès de Suarez, un couturière née à Plasencia, Extramedura, en Espagne en 1507, qui s’est embarquée pour le Nouveau Monde à l’âge de trente ans afin d’y rejoindre son mari, qu’elle n’a jamais retrouvé. Elle y est en revanche devenue une conquistadora qui a su  s’attirer le respect de ceux qu’elle a côtoyés. En 1538, elle s’installe à Cuzco où , à titre de veuve de soldat, elle reçoit un lopin  de terre et des « Indiens », ainsi qu’on les appelait, a l’epoque . Peu de temps après, elle rencontre Pedro de Valdivia, le conquistador du Chili. Elle devient sa maitresse et l’accompagne dans sa longue campagne de conquête.

En lisant ce livre, je me suis rappelé les beaux moments que j’ai passé en Amérique du Sud (j’imaginais qu’Inés Suarez avait vu le paysage magnifique de la photo dans le désert d’Atacama). En fait, j’aurais aimé avoir lu ce livre avant d’y aller, car Isabel Allende y explique assez bien la dynamique existant à l’époque entre les populations locales et les Espagnols, les motivations des conquistadores, leur comportement à l’égard des « Indiens ». On sent le grand respect qu’elle éprouve pour les valeurs des différents peuples des territoires où elle a vécu, leur désir absolu de liberté, leur mépris de la douleur et de la mort, l’incompréhension totale du concept de propriété terrestre ou humaine, leur compréhension de la nature, et bien d’autres choses encore.

Elle y raconte en detail l’histoire de Lautaro, un Mapuche qui, selon ce que l’on sait de lui, aurait été capturé par les Espagnols alors qu’il était très jeune pour s’occuper des étables et des chevaux de Valdivia. Après s’être échappé, il a mené la charge avec les Araucanians contre les Espagnols. Il a plus tard capturé Valdivia qu’il a exécuté, un mois plus tard.

Quant à Inès Suarez, elle a été la maîtresse de Valdivia jusqu’au jour où il dut subir un procès à Lima, au terme duquel il a accepté de laisser tomber Suarès (et de lui trouver un mari) en échange de sa propre liberté. En 1549, Suarès a épousé le capitaine de Valdivia, Rodrigo de Quiroga, avec qui elle a ensuite coulé des jours heureux  en se consacrant à des œuvres caritatives jusqu’à sa mort.

On sent l’affection d’Isabel Allende pour tous les personnages apparaissant dans les 313 pages de son histoire romancée, mais fondée sur des documents véridiques, qu’elle connaît très bien. Ce livre m’a plu suffisamment pour me donner envie d’aller à la bibliothèque pour voir si je n’y trouverais pas un autre bouquin d’Allende.